Mobilité

Voitures électriques: les grands constructeurs restent loin derrière Tesla en Europe

Le constructeur américain est encore numéro un du marché de la voiture électrique, en dépit d’une concurrence accrue. En Suisse, il surpasse encore plus nettement Renault, Nissan ou encore BMW

Les médias adorent parler de Tesla. La preuve en chiffres. «Tesla Model 3» offre plus de 47 millions de liens dans Google Actualités, loin, très loin devant d’autres modèles électriques. Ainsi, «BMW i3» n’est présent que sur 465 000 pages, «Renault Zoé» sur 259 000 pages alors que «Nissan Leaf» fait un peu mieux que ces deux modèles avec 4,56 millions d’entrées. Soit un dixième par rapport au dernier modèle lancé par Tesla.

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Le fabricant américain n’est pas seulement omniprésent dans les médias. Il continue, malgré une concurrence accrue, à dominer les marchés européen et suisse des véhicules électriques. Ainsi, selon le cabinet de recherche anglais Jato Dynamics, spécialisé dans l’automobile, le Model 3 de Tesla a été la voiture électrique la plus vendue sur le continent en février. Ainsi, 3657 unités ont été écoulées, devant la Renault Zoé (2884 unités), la Nissan Leaf (2333), la i3 de BMW (1998) et la Hyundai Kona (1754).

Moins de 2% du total

Le Model 3 est devant, alors même qu’il n’est disponible en Europe, sur un mois entier, que depuis février. «Les performances de la Model 3 de Tesla sont remarquables, étant donné que nous voyons habituellement ce genre de résultats quatre ou cinq mois après le lancement d’une nouvelle voiture», écrit un analyste de Jato Dynamics dans une note.

Tesla, que de nombreux observateurs voyaient se faire dévorer par la concurrence, résiste donc toujours. Mais cela deviendra plus difficile. En 2020, Polestar, propriété de Volvo, doit lancer son modèle électrique haut de gamme aux alentours de 60 000 francs, soit un prix comparable à celui du Model 3. Audi commercialisera son modèle e-Tron, Mercedes son véhicule EQC, alors que notamment Peugeot et VW doivent faire leurs débuts sur le marché de l’électrique.

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Globalement, les voitures à propulsion électrique restent marginales, ne comptant en février que pour 1,9% des modèles vendus en Europe, selon le cabinet de recherche. Mais le nombre de modèles électriques vendus a progressé de 92% sur un an, à 20 000 unités. C’est en Norvège, pays où les voitures électriques bénéficient d’une fiscalité avantageuse, que ces modèles se multiplient. En mars, ils ont représenté 60% des ventes globales dans le pays, contre 37% un an plus tôt. Tesla détient environ la moitié du marché norvégien des voitures électriques.

Numéro un en Suisse

Qu’en est-il en Suisse? En observant les chiffres de février communiqués par Auto Suisse, on constate que la situation est comparable. En effet, Tesla a vendu 277 Model 3 (auxquels il faut ajouter 49 Model S et 28 Model X), devant les 213 Zoé de Renault, les 144 i3 de BMW et les 117 Leaf de Nissan.

Au niveau mondial, le Model 3 a été le véhicule électrique le plus vendu en 2018, avec 138 000 unités, devant la voiture EC-Series du constructeur chinois BAIC Group, toujours selon Jato Dynamics.

Cannibalisation

Le constructeur américain domine toujours son marché, mais il y a un bémol. «Malgré le fait que la Tesla Model 3 arrive en tête du marché des voitures électriques d’Europe de l’Ouest au cours de son premier mois de livraison en Europe en février – représentant 18% du marché des voitures 100% électriques –, cette croissance se fait au détriment de son modèle phare, le Model S», avertissait récemment l’expert indépendant Matthias Schmidt.

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Cette analyse s’est concrétisée dans les chiffres de production et de livraison publiés dans la nuit de mercredi à jeudi par Tesla: lors du premier trimestre, le fabricant californien a livré au niveau mondial environ 50 900 Model 3 et 12 100 Model S et X – soit 31% de moins qu’au trimestre précédent et moins que les 76 000 unités attendues en moyenne par les analystes. Le fabricant américain, dont l’action chutait de 10% jeudi à l’ouverture de Wall Street, citait des soucis logistiques pour expliquer cette baisse. Il veut toujours livrer 360 000 à 400 000 véhicules cette année, après en avoir écoulé 245 000 l’année passée.


Elon Musk jugé pour outrage à autorité

Elon Musk, le charismatique et fantasque patron de Tesla, est jugé jeudi à New York pour outrage à autorité. Une décision défavorable de la juge en charge du dossier pourrait fragiliser le fondateur et meilleur ambassadeur du constructeur de véhicules électriques. Le milliardaire est accusé d’outrage par le gendarme américain de la bourse (SEC).

La SEC reproche à Elon Musk, 47 ans, d’avoir multiplié des tweets dont le contenu était susceptible de tromper les investisseurs et d’influencer le cours de l’action Tesla. Le médiatique entrepreneur, qui s’essaie depuis quelques jours au rap, ne devrait pas être présent à l’heure de l’audience (18h00 GMT) au tribunal, où il sera représenté par ses avocats, estiment des analystes.

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Mais si la juge Alison Nathan le condamnait pour outrage, il n’est pas exclu qu’il doive effectuer le déplacement de Los Angeles, où il vit, à New York pour entendre le verdict.

Le bras de fer entre Elon Musk et la SEC est né après un accord à l’amiable conclu entre les deux parties en octobre dernier, à la suite d’un tweet du 7 août de l’entrepreneur assurant qu’il disposait des financements appropriés pour sortir Tesla de la cotation en bourse. AFP

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