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Le prototype de SeaBubbles en phase de test sur la Méditerranée.
© Francis Demange

Technologie

Les voitures flottantes fabriquées à Ecublens lèvent 10 millions

Les premières voitures volantes «Bubbles» seront présentées en juin à Paris. Elles sont en cours de fabrication en Suisse romande

Les Bubbles, ces voitures flottantes capables de survoler un lac ou les voies fluviales avec une poignée de passagers à bord, ont le vent en poupe. A peine plus d’un an après la création de leur start-up SeaBubbles, le navigateur français Alain Thébault et le windsurfer suédois Anders Bringdal annoncent une deuxième levée de fonds.

La société d’assurances française MAIF, qui avait investi 3 millions d’euros (3,2 millions de francs) au démarrage du projet, investit 10 millions d’euros supplémentaires (10,9 millions de francs) pour financer un prototype haute vitesse qui filera à 50 km/h et les docks nécessaires à l’embarquement de ces taxis futuristes.

Lire aussi: Des bulles volantes sur le Léman?

Plusieurs dizaines de millions à l’automne

Un nouveau coup d’accélérateur devrait être donné cet automne: des industriels, dont un acteur de la Silicon Valley, pourraient injecter plusieurs dizaines de millions dans le développement de la jeune société, dont la valorisation dépasse 30 millions d’euros.

Les prochains mois seront décisifs. Les deux premiers exemplaires seront présentés au salon VivaTech, le 15 juin à Paris. Et en septembre, quatre Bubbles seront inaugurées sur la Seine par la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui soutient activement le projet. Ce sera le coup d’envoi d’un démo tour international.

«Les qualités de ce nouveau mode de transport électrique, zéro émission, zéro bruit et zéro vague, intéressent les métropoles du monde entier à la recherche de modes alternatifs de mobilité urbaine», se réjouit Alain Thébault. Le navigateur transfère aujourd’hui la technologie déjà éprouvée sur l’hydroptère, un trimaran porté par des hydrofoils à 6 mètres au-dessus des vagues.

A ce sujet: Un bateau volant sur le Léman

Cette technologie était apparue sur le lac Léman en 2010, avec la mise à l’eau de l’hydroptère. Ce catamaran sur foils soutenu notamment par Lombard Odier avait par la suite battu les records du kilomètre du Léman (31,46 nœuds, soit 58 km/h) ou de l’heure (25,63 nœuds, soit près de 47 km/h), avec Alain Thébault à la barre.

Made in Ecublens

La Bubble ne vole pas vraiment. Mais elle décolle de 50 cm dès que la vitesse atteint 6 nœuds (soit 11 km/h) et elle surfe sur les foils fixés en U sous sa coque. Le premier prototype est testé est en ce moment même en Méditerranée, à La Ciotat, en France.

«Nous transformons une idée, un plan en 3D en un projet concret, résume Grégoire Metz, le directeur. Les structures des Bubbles sont en fibre de verre. Moins onéreuse que le carbone, cette fibre allie légèreté et résistance. A terme, la fabrication des séries sera externalisée sur plusieurs continents, sous notre contrôle.»

Quant au design des docks, il a été confié à l’architecte océanographe français Jacques Rougerie. Les bulles viendront y recharger leurs batteries au lithium et l’énergie électrique sera fournie par des panneaux solaires, des hydrogénérateurs ou des éoliennes.

Homologation en Suisse

La société SeaBubbles compte louer ses modèles déclinés en version 4 ou 12 places à des opérateurs publics ou les vendre à des entreprises privées. Le concept des navettes intéresse Facebook, pour la liaison de ses employés entre San Francisco et Menlo Park, ainsi que Nestlé et Danone pour véhiculer leurs clients d’Evian à Genève ou Lausanne. Mais avant de glisser sur le Léman, il faudra régler la question des autorisations.

«Vu leur particularité et la possibilité d’une expansion d’un transport professionnel dans divers cantons, l’Office fédéral des transports devra d’abord décider de l’homologation de tels bateaux en Suisse», souligne Didier Leibzig, directeur général des véhicules de l’Etat de Genève au Département de l’environnement, des transports et de l’agriculture.

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