Automobile

Les voitures hautes sur roues dominent le Salon de Genève

Volkswagen veut faire oublier le scandale des moteurs diesel truqués avec une voiture SUV très tendance. Tous les constructeurs se lancent sur ce marché à forte marge bénéficiaire

Le show de la présentation des nouveaux modèles, à grand renfort de décibels et d'images envoûtantes s'est déroulé mardi à Genève devant la presse, en avant-première du Salon de l'auto qui se déroulera du 3 au 13 mars.

Sur le stand de Volkswagen (VW), une petite voiture jaune verte, haute sur jantes épaisses, déboule sur scène. Décapotable, elle est très tendance, celle des SUV, crossovers, et autres 4x4 qui allient vision surélevée de la route, look imposant, et parfois de vraies qualités de véhicule tout terrain.

La tendance est lourde: 22,5% du marché européen et 40,4% du marché suisse l'an dernier. VW espère que son offensive sur ce segment de marché dynamique et très porteur fera vite oublier l'affaire des moteurs diesel truqués pour passer les tests de pollution au NOx.

«VW change. Le Salon de Genève montre la voie avec le premier SUV cabriolet, le T-Cross Breeze, souligne Herbert Diess, patron de la marque VW. Nous voulons bâtir sur le segment SUV. Il y a encore de la place pour une voiture de ce type dans la gamme supérieure de Volkswagen. 2016 marque le départ d'une nouvelle ère pour VW et nous sommes confiants dans la possibilité de regagner rapidement la confiance de nos clients».

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Tous les constructeurs automobile se précipitent sur ce marché. Y compris les plus inattendus, comme Maserati, qui appartient au groupe Fiat-Chrysler. Le constructeur italien présente à Genève la Levante, parmi 88 premières mondiales. Porsche avait montré la voie dans le haut de gamme avec le modèle Cayenne.

Audi, déjà très présent dans le segment SUV, lance le modèle Q2, alors que Seat, une autre marque du groupe Volkswagen, entre aussi dans le large cercle des fabricants de ces voitures plus lourdes et donc moins écologiques.

C'est en effet paradoxal. Le scandale des moteurs diesel truqués par VW attire l'attention sur l'importance de fixer des normes anti pollution mieux contrôlées, mais le consommateur n'est guère intéressé à des choix écologiques. Certains constructeurs, à cause de la vague SUV qui permet de dégager des marges bénéficiaires supérieures, éprouvent des difficultés à respecter les limites de grammes de CO2 par kilomètre fixées pour l'ensemble des modèles. En Suisse par exemple, auto-suisse négocie, pour cette raison, un étalement de l'objectif de 95 grammes qui devrait être atteint dès 2021.

Thierry Bolloré, numéro deux de Renault, ne nie pas le problème. «Les clients cherchent très souvent un compromis et nous devons anticiper leurs désirs pour rester compétitifs. Mais globalement les véhicules sont devenus de plus en plus légers. La tendance est donc positive».

Le constructeur français croit encore au monospace, même si la part de marché de ces modèles, attaquée par les SUV, a chuté pour ne plus représenter que 10,5% en Europe. La quatrième génération de la Scénic est lancée à Genève. «Le développement des SUV est une bonne chose pour l'industrie, mais cela a un impact sur les autres segments de marché», constate Carlos Ghosn, patron de Renault.

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