Cette fois, c'est sûr. Sur fond de choc pétrolier et de réchauffement climatique, les Suisses se sont mis aux petites voitures écolo. En 2007, les véhicules dits «à grand rendement énergétique» ont représenté 40,3% des achats de voitures neuves, un nouveau record. En moyenne, ces voitures de tourisme de catégories A et B consomment 5,9 l/100 km et émettent 149 g de CO2 par kilomètre. L'optimisme affiché par l'Association suisse des importateurs automobiles dans son rapport annuel publié vendredi est toutefois douché par un autre constat: les voitures vendues en Suisse sont certes toujours plus économiques... mais aussi toujours plus lourdes. Un phénomène qui annule en bonne partie l'effet positif de la forte réduction de la consommation constatée ces dernières années.

A 7,4 l/100 km, la consommation moyenne des voitures neuves a baissé de 2,49% en 2007 par rapport à l'année précédente. Le chiffre est qualifié de «réjouissant» par l'association auto-suisse. Ce résultat reste pourtant bien au-dessus de l'objectif de 6,65 l/100 km fixé par le Département de l'environnement et des transports (DETEC). Le WWF critique fermement ce nouveau rendez-vous manqué: «Le but fixé pour l'année prochaine, d'atteindre 6,4 l aux 100 km, semble désormais inatteignable. Cela signifie donc que la convention passée entre auto-suisse et le DETEC n'est pas respectée pour la 12e année consécutive», constate le mouvement écologiste, qui estime que le «modèle d'une convention volontaire entre la Confédération et le lobby automobile est définitivement inefficace». En cause, le poids moyen des voitures de tourisme qui est en hausse ininterrompue depuis l'introduction des statistiques d'auto-suisse, il y a dix-sept ans. Depuis 2000, la consommation de carburant a été réduite de 11,5% - soit près de 1 litre - alors que le poids des véhicules progressait de 9,25% à 139 kg. Cet embonpoint limite sévèrement les progrès réalisés sur l'efficience des moteurs. Si le poids des voitures était resté fixé à sa moyenne de 1996 (1309 kg), la consommation de carburant aurait fondu à 4,9 litres en 2007, bien au-dessous de l'objectif fixé par le DETEC.

Le revers du filtre à particules

La multiplication des airbags, des protections latérales et des équipements de confort toujours plus sophistiqués n'est pas la seule cause de cette surcharge pondérale. Les moteurs diesel, qui représentaient 32% du parc automobile en 2007, sont aussi plus lourds que l'équivalent à essence. De plus, les filtres à particules qui équipent 85% des voitures vendues l'an dernier consomment une quantité appréciable d'énergie pour brûler les suies. En conséquence, la baisse de consommation des moteurs diesel semble avoir atteint un seuil que seule une nouvelle évolution technologique devrait permettre de dépasser.