En période de crise, l'imagination finit toujours par payer. Ainsi ce gestionnaire, qui a fait ses classes auprès de plusieurs banques réputées, est parti voler de ses propres ailes: «Pour se mettre à l'abri, mieux vaut contrôler une clientèle ou un produit phare plutôt que d'avoir des fonctions de management pur», énonce-t-il, en guise de bilan. Car cette optique permet de mieux se défendre en cas de bras de fer avec la direction. Les frondeurs s'en tireraient donc mieux que les collaborateurs fidèles au corporate identity: c'est en tout cas une thèse que ce gestionnaire n'hésite pas à défendre.

Dans un tout autre genre, la banque Migros se félicite aussi de son positionnement différent, salutaire en période de crise: «Nous n'avons jamais mis la pression sur nos collaborateurs, explique Philippe Cornaz, directeur de la succursale de Lausanne. Si on leur fixe des objectifs irréalistes, ils décrocheront fatalement de mauvaises affaires. A long terme, la banque n'en sortira pas gagnante non plus.» Entre ces deux exemples, les financiers conservateurs, eux, paient le prix de leur frilosité. Quoi qu'il en soit, il faudra sans doute réinventer la mentalité du métier pour survivre.