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Un A321neo Long Range, plus économique que ses prédécesseurs, en test au Bourget le 13 février dernier.
© ERIC PIERMONT

Aviation

Qui volera le plus loin? Duel sans merci entre Airbus et Boeing

Un petit A321 a relié la France aux Seychelles en 11 heures. Samedi dernier, un 787 avait rejoint Londres depuis l’Australie en 17h20. Des exploits dus à une nouvelle génération de moteurs peu gourmands

Airbus a relié sans escale vendredi les Seychelles à Toulouse avec son A321neo Long Range, une distance record pour l’avion européen. Elle permet d’envisager l’éclosion de nouveaux marchés longue distance, desservis à moindres coûts par des courts ou moyen-courriers.

Immatriculé MSN7877, l’avion a effectué un vol d’essai de 10 heures et 50 minutes entre l’île de l’océan Indien et la ville rose, soit une distance supérieure à 8300 kilomètres, traditionnellement réservée aux long-courriers.

L’avion transportait onze techniciens et cinq membres d’équipage, ainsi que 165 mannequins, soit l’équivalent de 180 personnes à bord, comme il l’aurait fait pour un vol commercial régulier.

Un billet de blog: Airbus/Boeing: le duopol se renforce

Troisième réservoir

L’appareil est doté de moteurs LEAP-1A développés par CFM International, la co-entreprise de General Electric et Safran pour les moteurs d’avions moyen-courriers, plus économes en carburant que ceux de la génération précédente.

L’avion disposait d’un réservoir supplémentaire pour augmenter son rayon d’action. Airbus a modifié l’A321neo en le dotant notamment d’un troisième réservoir qui lui permet d’emporter 97 tonnes de carburant au décollage, contre 93,5 tonnes pour un A321neo standard. L’avion peut transporter de 200 à 240 passagers sur une distance de 4000 miles nautiques, soit 7400 km, «la plus longue distance pour un avion monocouloir», selon Airbus.

On connaît le Paris-New York, mais on ne conçoit pas le Bordeaux-Baltimore. Cela intéresse autant les compagnies low cost que les compagnies traditionnelles

Joaquin Toro-Pietro, chargé des relations clients chez Airbus

Pour l’avionneur européen, l’exploitation d’un moyen-courrier sur une liaison à longue distance permet à des compagnies aériennes d’ouvrir de nouvelles lignes qui ne seraient pas rentables commercialement avec des avions long-courriers.

«L’A321LR va permettre de desservir des nouvelles destinations pour un moyen-courrier, d’ouvrir des marchés qui n’existaient pas jusque-là, affirme Joaquin Toro-Pietro, responsable des études marketing et chargé des relations clients chez Airbus. On connaît le Paris-New York, mais on ne conçoit pas le Bordeaux-Baltimore. Cela intéresse autant les compagnies low cost que les compagnies traditionnelles.»

En novembre dernier: Airbus emporte la plus grande commande de son histoire, pour près de 50 milliards

Sommeil, confort et hydratation

Airbus avance des liaisons comme Lisbonne-Recife au Brésil, Dubaï-Pékin, Kuala Lumpur-Tokyo ou encore Singapour-Sydney, qui n’étaient possibles qu’avec des long-courriers.

De telles distances n’étaient pas réalisables jusqu’à présent pour des vols commerciaux avec les moyen-courriers classiques. Mais l’arrivée de l’A320neo chez Airbus et du 737 Max chez Boeing ont changé la donne en repoussant les limites des monocouloirs.

Les progrès technologiques, et particulièrement la remotorisation de ces avions, ont permis de réduire leur consommation de carburant, et d’augmenter d’autant leur rayon d’action.

Pour contrer le succès de l’A321neo, Boeing a annoncé lors du dernier Salon du Bourget le lancement d’une version allongée de son propre moyen-courrier, le 737 MAX-10.

Le géant de Seattle envisage également de lancer un nouvel appareil sur ce segment à l’horizon 2025. Désigné sous le nom provisoire MoM (middle of market), il serait capable d’emporter de 220 à 270 passagers sur une distance de 9200 km.

Chez Boeing, on rappelle que cette distance était celle que pouvaient parcourir les premiers 777, le plus gros porteur de l’avionneur américain en dehors du 747. Aujourd’hui, le 777-200LR peut voler sur 15 843 km.

Selon le cabinet spécialisé dans l’aéronautique Alix Partners, «la rentabilité des compagnies aériennes recule après un pic observé en 2015-2016», d'où leur appétit pour des avions plus performants pour assurer leurs opérations. «Le marché des monocouloirs évolue vers les versions les plus grandes.»

Cette tendance à l’augmentation de la capacité d’emport des moyen-courriers se retrouve chez Airbus. L’A321 représentait 13% des livraisons de l’avionneur en 2010, contre 41% en 2016.

Boeing améliore ses Dreamliners

Samedi dernier, le premier vol passagers direct sans escale reliant l’Australie à la Grande-Bretagne avait relié Perth à Londres en 17 heures et 20 minutes avec un Boeing 787 Dreamliner transportant plus de 200 passagers ainsi que 16 membres d’équipage.

Il s’agit du premier vol régulier à relier directement les deux continents, selon la compagnie australienne Qantas. Avec 14 498 km, la nouvelle liaison se classe actuellement troisième en distance parcourue pour un vol commercial. C’est également le plus long vol effectué à ce jour par un Dreamliner.

Cette nouvelle liaison s’inscrit dans un ambitieux projet de Qantas d’ajouter à ses programmes des vols très long-courriers, y compris à terme entre la côte est de l’Australie et l’Europe.

Doha-Auckland, le record

L’une des préoccupations de la compagnie a été d’assurer le confort des passagers pour un voyage aussi long. Certains passagers seront dotés d’appareils spéciaux pour permettre aux chercheurs de l’Université de Sydney de récolter des données sur leur sommeil, leur activité cérébrale, leurs manières de s’asseoir et leurs occupations aussi bien que leur degré d’hydratation durant et après le vol, a rapporté le quotidien Daily Telegraph de Sydney.

Parmi les vols commerciaux très long-courriers actuels, le record est détenu par la liaison Doha-Auckland de Qatar Airways (14 535 km en 17h40), suivie des liaisons Dubai-Auckland d’Emirates (14 200 km en 17h20), Los Angeles-Singapour d’United Airlines (14 100 km en 17h20) et Sydney-Dallas de Qantas (13 800 km).

Singapore Airlines a assuré de 2004 à 2013 avec des Airbus A340 une liaison de plus de 15 000 km entre Singapour et New York, arrêtée pour des questions de coût, mais que la compagnie envisage de reprendre avec la nouvelle version de l’Airbus A350.

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