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Volvo se sent plus libre en mains chinoises (Getty Images)
© Harold Cunningham

Automobile

Volvo se sent plus libre

Le groupe chinois Geely a dynamisé le constructeur suédois qui a commencé à construire une usine aux Etats-Unis et devient global

La marque Volvo existerait-elle encore si elle n’avait pas été rachetée, en mars 2010, par le constructeur chinois Geely pour 1,8 milliard de dollars (1,79 milliard de francs)?

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Pas sûr. Certes, le constructeur, qui emploie aujourd’hui 29 000 personnes, était plus important que son homologue suédois Saab, disparu dans la tempête automobile de 2009 qui a aussi failli emporter General Motors (GM), sauvée de la faillite par le gouvernement américain. Mais il faut rappeler qu’en 2009 Volvo était une division du groupe Ford qui avait acheté la société de Göteborg pour 6,5 milliards de dollars en 1999. Il y a 7 ans les marques européennes de groupes américains étaient prêtes à être sacrifiées pour sauver la maison mère. GM a été à deux doigts de laisser tomber Opel en Allemagne.

«Je me demande où Volvo serait aujourd’hui sans Geely, songe Hakan Samuelsson, patron de Volvo, rencontré au Salon de l’Auto de Genève. L’apport de Geely a été très bénéfique. Toutes les incertitudes et les spéculations qui pesaient sur l’avenir de Volvo il y a six ans ont disparu. La croissance des ventes et de la marge bénéficiaire est au rendez-vous, et nos modèles deviennent une vraie alternative aux marques haut de gamme allemandes. Nous avons aussi pu opérer une entrée massive sur le marché chinois. Cela aurait été impossible sans Geely».

Le constructeur suédois n’a plus aucun problème d’investissement. Geely est prêt à dépenser 11 milliards de dollars pour développer de nouvelles plateformes d’assemblage de véhicules, de nouvelles usines, et offrir à Volvo un renouvellement complet de sa gamme d’ici 2020. Grâce aux fonds apportés par le holding chinois dirigé par Li Shufu qui produisait des composants pour réfrigérateurs dans les années 1980, Volvo est devenu un constructeur global.

L’implantation d’une usine aux Etats-Unis, d’une capacité de 100 000 véhicules par an, soit un cinquième des ventes en 2015, a commencé en septembre dernier. Le site, en Caroline du Sud, sera terminé fin 2018 et pourra employer jusqu’à 4000 personnes selon le constructeur suédois.

En Chine, Volvo a réalisé l’extension de l’usine de Daqing afin de partager une nouvelle plateforme commune pour les petits modèles du constructeur (V40) et ceux de la marque Geely. Le constructeur chinois vise ainsi le lancement d’un nouveau modèle de qualité occidentale dès cette année pour le marché chinois, et envisage de l’exporter dès l’année prochaine. En 2020, il assure que cette plateforme devrait atteindre le million de véhicules, soit le double des ventes annuelles de Volvo aujourd’hui.

La ville chinoise de Daqing, qui a participé au financement de la croissance de Geely, possède 37% du capital de Volvo, et le Suédois a obtenu 922 millions d’euros (1 milliard de francs) de la banque de développement chinoise (China Development Bank) pour financer son expansion. Quel est le prix payé en échange de ce gros coup de pouce financier, notamment en termes de transfert de propriété intellectuelle?

«C’est vraiment une situation gagnant-gagnant, explique Hakan Samuelsson au Temps. Nous n’avons absolument aucun intérêt à ne pas partager notre technologie avec Geely. Ils obtiennent bien sûr une plateforme pour produire des véhicules de meilleure qualité, mais nous pouvons partager un plus grand nombre de composants et réduire fortement nos coûts de développement et de production. Comparé à l’époque où il était propriétaire de Ford, le groupe Volvo a gagné beaucoup d’indépendance, y compris dans la gestion de ses usines en Chine».

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