Le groupe Vontobel crée une nouvelle société. 5E Holding, sise à Zoug, prendra des participations dans des entreprises d'Europe centrale et orientale. La banque zurichoise n'en est pas à son coup d'essai. Elle avait lancé l'an dernier Private Equity Holding, qui investit dans des sociétés suisses et d'Europe occidentale.

«Le but de la société est d'offrir aux investisseurs une alternative aux placements habituels et un accès facilité aux marchés de l'Est», a indiqué lundi à Zurich Helmut Werner, président du conseil d'administration de 5E et ancien chef de Daimler-Benz. 5E, qui signifie «Excellence in Eastern European Emerging Equity», consacrera plus de 50% de ses investissements à des fonds en actions (private equity) gérés par des managers chevronnés, a indiqué Hans-Peter Bachmann, directeur de la nouvelle société. 5E Holding investira également de manière directe dans des sociétés d'Europe centrale et orientale, cotées ou non, dont la capitalisation est inférieure à 100 millions de dollars.

Selon Helmut Werner, de plus en plus de facteurs rendent l'Est séduisant aux yeux des investisseurs. Depuis 1992, les conditions se sont sensiblement améliorées. Si l'on en croit la BERD, le PIB des pays d'Europe centrale et orientale croît en moyenne de 1,6% par année (en Suisse, ce taux n'est que de 0,5%) et l'inflation continue de baisser. Elle avoisine les 14% (en moyenne) alors qu'en 1992, elle dépassait les 1000%.

Certains pays bénéficient en outre d'impulsions positives dues à leur prochaine adhésion à l'Union européenne et à l'OTAN.

Afin de minimiser les risques, 75% des fonds levés par 5E seront investis dans des pays qualifiés de «première priorité». Dans cette catégorie figurent la Hongrie, la Pologne et la Russie. Le solde sera placé en République tchèque, en Roumanie et dans les autres pays de l'Est. Les dirigeants de 5E justifient ce choix par plusieurs critères: les méthodes de privatisation des anciennes entreprises d'Etat, la taille de l'économie, la stabilité politique, des paramètres macroéconomiques, la réforme du système judiciaire et bancaire, le droit des sociétés, le système monétaire, etc. La Russie doit ainsi sa présence dans le premier groupe à sa taille immense, ses ressources abondantes, des prix bas et aux immenses opportunités qu'elle offre dans le private equity, contrairement à la République tchèque, précise Dominik Meyer, membre de la direction de 5E.

5E investira principalement dans les secteurs qui ont affiché jusqu'à maintenant les meilleurs taux de croissance en Europe de l'Est, à savoir les biens de consommation (alimentaire, pharmacie), la distribution, les ressources naturelles (énergie), les télécommunications et les médias. Les investissements financeront aussi bien des start-up que des sociétés déjà cotées. Les investisseurs intéressés pourront souscrire, du 10 au 28 août, l'action nominative 5E au prix nominal de 200 francs. La société vise une capitalisation de 250 à 350 millions de francs. Une cotation en Bourse est prévue pour 1999.