Le Temps: Qu'apportera le programme CroisSens à votre clientèle?

Alexandre Zeller: Le réseau de succursales sera reconfiguré sur trois ans, leur surface et leur équipement adaptés aux besoins locaux actuels. Nous formons 700 collaborateurs pour améliorer la qualité d'accueil et de conseil. Notre présence sera renforcée au niveau des régions, dont les responsables auront plus de latitude pour se comporter en vrais entrepreneurs. Enfin, nous offrirons un service de gestion de fortune personnalisé à partir de 150 000 francs.

– Beaucoup de banques visent ce dernier créneau. Qu'offrez-vous de plus?

– La plupart de nos concurrents fixent une limite supérieure pour ce genre de services. Concrètement, nous avons fixé des standards précis à l'interne pour nous assurer que chaque client bénéficiera de contacts réguliers avec son conseiller. Tout dépendra bien sûr de l'exécution. Nous voulons clairement croître plus vite que le marché dans ce segment.

– Constatant la baisse des crédits commerciaux, pourquoi la BCV n'entreprend-elle aucune démarche active, en proposant du capital «mezzanine» par exemple?

– Ce que nous avons fait jusqu'ici (Défi-gestion, Initiative-Capital) n'est pas négligeable. J'observe que nos engagements auprès des PME restent stables malgré le nombre relativement élevé de faillites dans le canton, ce qui montre que nous restons actifs dans ce domaine. Le capital mezzanine est une solution intéressante, nous en discutons, mais il faut un fonds d'une certaine taille – autour de 100 millions – pour garantir des compétences suffisantes.

– La BCV «s'interroge en tant qu'actionnaire» sur sa filiale de services informatiques Unicible. C'est-à-dire?

– Unicible exerce trois métiers de base: développeur de logiciels, intégrateur de solutions, hébergement/entretien. Où porter l'effort à l'avenir? Cela dépendra en partie des décisions des banques cantonales clientes d'Unicible. La BCV elle-même réfléchit, sans urgence, à sa future plate-forme informatique. Les concurrents d'Unicible s'activent, mais il ne faut pas surestimer la capacité de leurs systèmes à intégrer des clients d'une certaine taille comme nous.