Jérôme Kerviel était payé pour une activité de trading très prosaïque. Et à mille lieues de l'imaginaire populaire présentant les traders comme des flibustiers. Son job, au sein de la table Delta One, au septième étage d'une tour dominant le quartier de la Défense? S'échiner sur son logiciel Excel, afin de couvrir - à l'aide de contrats futures - les warrants que les boursicoteurs achètent à la SocGen. Un grossiste de la finance. Du trading à la chaîne en quelque sorte.

Ces activités de couverture permettent à la banque de se contenter d'empocher une marge sur ces produits spéculatifs très populaires en France... tout en laissant le risque à la charge du client. Assurant aux banques des primes très grasses, ces warrants ressemblent un peu à des billets de loterie. Ces produits, qui ont une durée de vie limitée, permettent d'amplifier les variations de la Bourse. Et font miroiter la possibilité de gagner plus en investissant moins (qu'en achetant directement des actions). Pour quelques dizaines de centimes le billet, on parie sur les fluctuations de Michelin ou d'Axa.

La SocGen dispose d'un site dédié, ClickOptions. Telle la vitrine de jeux à gratter d'un bureau de tabac, il propose des «warrants turbos». Ou encore des «turbos jour» permettant de retirer son éventuel gain en une journée. «Touchera? Touchera pas? Avec les click options visez un scénario de marché précis en connaissant dès le départ votre gain potentiel: 100 euros par option», vante le site.