Le géant japonais de l’électronique et de l’électroménager Panasonic a décidé de déplacer son siège européen de Grande-Bretagne aux Pays-Bas en raison de préoccupations concernant des problèmes fiscaux potentiels liés au Brexit, a indiqué jeudi une porte-parole de la société.

Elle confirme ainsi une déclaration faite par Laurent Abadie, PDG de Panasonic Europe, au quotidien économique Nikkei.

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Cette décision résulte de la crainte que le Japon ne considère la Grande-Bretagne comme un paradis fiscal après le Brexit si Londres décidait de baisser très fortement son taux d’imposition des entreprises afin de les retenir sur son sol, a expliqué la porte-parole.

Si tel était le cas, Panasonic pourrait être tenue de s’acquitter de taxes auprès des autorités nippones.

«Nous étudions depuis 15 mois la possibilité d’un déménagement», a de son côté précisé au Nikkei Laurent Abadie. La crainte d’obstacles à la circulation des personnes et marchandises a aussi joué dans la décision.

Sur la bonne vingtaine de personnes que compte le bureau de Panasonic à Londres, la moitié environ déménagerait. Le personnel des relations avec les investisseurs resterait sur place, a indiqué le journal.

Panasonic n’est pas la première

Le choix de la Grande-Bretagne de quitter l’Union européenne (Brexit) a déjà conduit plusieurs entreprises japonaises, dont les mégabanques Mitsubishi UFJ Financial Group et Sumitomo Mitsui Financial Group, ainsi que les maisons de courtage Nomura Holdings et Daiwa Securities, à décider ou à envisager de déplacer leurs principales bases européennes hors de Londres.

La Grande-Bretagne espère conclure des accords commerciaux avec ses principaux partenaires, dont le Japon, après sa sortie de l’UE, prévue en mars 2019.

Quelque 879 entreprises japonaises présentes en Grande-Bretagne y emploient 142 000 personnes. Elles y ont investi plus de 60 milliards de dollars, selon les plus récentes statistiques.

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Les discussions passent, les inquiétudes restent

Parmi elles figurent bien sûr, et ce depuis longtemps, les constructeurs automobiles (Honda, Nissan, Toyota).

Même si le gouvernement britannique a tenté de rassurer son homologue japonais, les inquiétudes sur l’après Brexit ne sont pas dissipées. L’ambassadeur du Japon à Londres, Koji Tsuruoka, a mis en garde contre les «enjeux» de cette sortie de l’UE.

Plus tôt cette semaine, un responsable de la fédération patronale Keidanren a exprimé sa frustration dans un entretien accordé au Financial Times. «Nous ne pouvons rien faire. Tout le monde est sérieusement préoccupé», a déclaré Hiroaki Nakanishi selon qui, dans un tel flou, des solutions doivent être imaginées pour tous les scénarios possibles