Automobile

VW: moteurs à essence aussi concernés

Le constructeur allemand Volkswagen a annoncé mardi soir un nouveau scandale, portant cette fois sur les émissions de CO2. Des moteurs à essence sont également concernés. Les conséquences pour la Suisse sont encore difficiles à estimer

La succession d’irrégularités chez Volkswagen soulève de nombreuses questions en Suisse. Surtout depuis que le constructeur allemand a admis mardi soir avoir constaté – dans le cadre de son enquête interne sur les moteurs diesel truqués – des irrégularités sur les émissions de CO2 de certains de ses véhicules. Environ 800 000 voitures seraient concernées, pour la plupart des moteurs diesel, mais aussi – pour la première fois depuis le début du scandale – 98 000 moteurs à essence.

Depuis 2012, les importateurs de voitures de tourisme sont contraints de payer en Suisse des taxes supplémentaires liées aux émissions de CO2. Il est vraisemblable que Volkswagen n’a pas payé le montant exact – déterminé par l’Office fédéral des routes (Ofrou) – qu’il aurait dû verser. Un porte-parole de l’Ofrou a confié à l’ATS qu’un groupe de travail interne enquêtait, en coopération avec l’Autorité fédérale des transports allemande (KBA), pour déterminer le nombre de véhicules concernés.

De nombreux modèles populaires impliqués

Les véhicules concernés par ce nouveau scandale dans le scandale figurent parmi les plus grosses ventes du groupe. Il s’agit des modèles Polo, Golf et Passat de la marque VW, des A1 et A3 d’Audi, du modèle Octavia de Skoda ainsi que des Leon et Ibiza de Seat.

Cette nouvelle affaire a poussé la Commission européenne, pointilleuse sur les émissions de CO2, à faire monter la pression: «On doit clarifier sans délai quels types d’irrégularités au CO2 ont été découverts, la cause, les véhicules concernés, où ils ont été enregistrés, quelles mesures le groupe va prendre pour remédier à la situation», a insisté une porte-parole de la Commission. Cette dernière a le pouvoir d’imposer des pénalités aux constructeurs automobiles qui ne respecteraient pas les objectifs de réduction d’émissions de CO2 qui leur ont été imposés. Le plafond fixé par les normes européennes est, comme en Suisse, de 130 grammes par kilomètre, et doit baisser par étapes à 95 grammes par kilomètres à l’horizon 2025.

Volkswagen n’est pas cette fois accusé de manipulation mais de mensonge: les véhicules incriminés consomment tout simplement jusqu’à 20 ou 30% de carburant de plus que ce qui figure sur la fiche client. Les émissions de CO2, non nuisibles pour la santé mais responsables du réchauffement climatique, sont elles aussi bien supérieures à ce qu’assure le constructeur à ses clients.

Ce nouveau volet du scandale pourrait coûter au groupe 2 milliards d’euros, en plus des 6,7 milliards déjà provisionnés en prévision de la remise aux normes des 11 millions de véhicules concernés par les émissions d’oxyde d’azote.
Mercredi toujours, Volkswagen a rappelé 92 000 voitures aux Etats-Unis pour cause de système de freinage défectueux, et a mis fin à la commercialisation aux Etats-Unis des modèles diesel neufs et d’occasion des marques VW et Audi. Porsche avait suspendu la veille la vente des Cayenne dans ce pays. L’implication de Porsche dans le scandale est grave pour le constructeur. Matthias Müller – qui vient d’être appelé à la tête de VW avec pour mission de faire toute la lumière sur les scandales à répétition — était jusqu’alors aux commandes du constructeur de luxe de Stuttgart. «S’il était avéré que sa responsabilité est engagée, il ne pourrait se maintenir à son poste», estime le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, alors que deux importantes réunions du conseil de surveillance auront lieu dimanche et lundi prochains. n

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