L’indice boursier Dow Jones est tombé lundi à 7114,78 points à New York (-3,4), soit la moitié du niveau record qu’il avait atteint il y a seulement 16 mois, tandis que le S&P 500 reculait de 3,5%, ce qui le place à son plus bas niveau depuis 1997.

Le recul concerne d’abord les valeurs financières, après l’annonce par le gouvernement américain qu’il commencera mercredi ses «tests de stress» des banques américaines. Il a également évoqué la possibilité de renforcer, temporairement du moins, sa présence au capital des institutions les plus fragiles. Selon le Wall Street Journal de lundi, il pourrait prendre jusqu’à 40% du capital de Citigroup.

Cependant, la baisse boursière a aussi touché d’autres secteurs. IBM a perdu 5% et Hewlett Packard 6,3% tandis que les analystes abaissaient leurs prévisions de ventes d’ordinateurs pour 2009. De même, les fournisseurs de matériaux de base comme Alcoa (-7,6%) ou US Steel (-13%) ont souffert du pessimisme ambiant sur l’état de l’économie, malgré le plan de relance adopté par le Congrès.

Test de stress

Face aux rumeurs de nationalisation du secteur bancaire agitant les marchés, l’administration Obama s’est efforcée de calmer le jeu en rappelant son opposition de principe à une telle solution. Simultanément, des hauts responsables ont déclaré qu’un renforcement de la présence de l’Etat au capital de certaines institutions pourrait devenir inévitable.

Est-ce la crainte de la nationalisation qui a pesé sur les cours ces derniers jours? Pour l’économiste Paul Krugman, prix Nobel, le secteur anticipait une forme de sauvetage qui profiterait finalement aux actionnaires. Or la voie empruntée par l’administration Obama (transformation des actions préférentielles en actions normales, avec dilution correspondante du capital) semble indiquer que ceux-ci vont au contraire passer à la caisse. Il se pourrait aussi que les détenteurs d’obligations soient sollicités, ce qui a été le cas quand Washington Mutual a été absorbé par JP Morgan Chase. Ainsi, la valeur des obligations Citigroup a fortement décliné ces dernières semaines.

Dans un mouvement inhabituel, trois agences gouvernementales ont publié lundi un document de 500 mots précisant les modalités des «tests de stress» que vont passer les banques pour déterminer dans quelle mesure elles peuvent résister à un affaiblissement encore plus marqué de l’activité économique et du marché immobilier. Ces tests prendront plusieurs semaines.

JP Morgan coupe son dividende

Dans un registre un peu plus réjouissant, JP Morgan a assuré qu’il serait au premier trimestre «solidement rentable malgré des provisions supplémentaires significatives», ajoutant que les perspectives d’ensemble pour les trois premiers mois de l’année étaient «globalement conformes aux attentes du marché».

Le groupe bancaire américain a néanmoins annoncé réduire drastiquement son dividende trimestriel, de 38 cents à 5 cents, afin de dégager 5 milliards de dollars d’économies annuelles. La banque «pense rester à ce niveau (de dividende) jusqu’à nouvel ordre». JPMorgan Chase a justifié cette mesure «extraordinaire» par la période actuelle également «extraordinaire», qui nécessite une «mesure de précaution pour garantir que la forteresse de notre bilan demeure intacte».nA la Bourse de New York, l’action gagnait 3,64% après cette annonce, lors des échanges électroniques suivant la clôture de la séance.

Asie en baisse

La mauvaise journée américaine s’est répercutée sur les places asiatiques. Marti matin, Tokyo clôturait en baisse de1,46% tandis que Hong Kong perdait 3,5% à mi-séance. En Europe, on attend ce mardi l’indice des entrées de commande pour l’industrie et l’indice ifo du climat des affaires en Allemagne. Aux Etats-Unis sera publié l’indice Case/Shiller des prix immobiliers pour décembre.