Correction passagère ou début d'un vrai cycle baissier des marchés? Le plongeon des indices boursiers depuis la fin de la semaine dernière a ravivé les angoisses de tous ceux qui estiment que la régulière hausse des cours de cet automne n'était pas appelée à durer.

Mardi, sur le coup de 16 heures, les opérateurs sur la place de Wall Street ont pourtant fini par privilégier la thèse de l'accident de parcours, en faisant remonter le Dow Jones et le Standard & Poor's au-dessus de leur niveau de clôture de la veille, à 12121,7 points pour le premier et à 1381,90 pour le second. Hier en début de soirée, le premier progressait d'un minuscule 0,01% tandis que le second faisait mieux avec+0,22%.

Les statistiques de ventes de logements existants venaient de tomber et elles étaient bien meilleures que prévu. Alors que le marché s'attendait à une baisse de 0,6% en octobre, les chiffres ont dévoilé une hausse de 0,5% à 6,24 millions de transactions. Cette progression était la première depuis février.

Elle est d'autant plus importante que l'évolution de l'immobilier résidentiel est, avec les dépenses de consommation des ménages, le principal instrument de mesure du ralentissement de l'économie américaine. Plus celui-ci s'opère avec douceur, plus les chances d'assister à un maintien des niveaux bénéficiaires des sociétés et, de manière plus générale, à une baisse des taux par la Fed telle qu'elle est prévue, a des chances de se réaliser.

Actuellement à 5,25%, les taux courts américains devraient en effet s'abaisser progressivement au premier semestre 2007 pour avoisiner 5%, selon le consensus des analystes.

Wal-Mart en baisse

Or, cette perspective a été remise en cause entre vendredi et lundi derniers par la publication d'autres chiffres. D'abord, l'indice de confiance de l'Université du Michigan, qui sonde le sentiment des consommateurs, était inférieur aux attentes pour novembre. Puis le géant de la distribution Wal-Mart a publié une baisse (-0,1%) de ses ventes en novembre aux Etats-Unis, la première depuis plus de dix ans. Enfin, mardi, les commandes de biens durables ont affiché une diminution de 8,3% en octobre après une progression de 8,7% en septembre.

Suggérant à la fois un ralentissement de la consommation et des investissements, ces chiffres ont précipité parmi les investisseurs le sentiment que la Fed serait amenée à baisser ses taux plus vite que prévu.

Cette analyse a eu deux conséquences. En premier lieu, elle a fait plonger les indices d'actions américains lundi de 1,29% pour le Dow Jones et de 1,36% pour le Standard & Poor's 500. Elle a également provoqué une forte érosion du dollar par rapport aux autres grandes devises jugées plus attractives. C'est ainsi qu'il s'est affaibli à 1,3121 face à l'euro (-0,25%).