Le New York Stock Exchange, première place boursière du monde, va tester à partir de lundi la cotation des actions en décimales, mettant fin à une tradition vieille de plusieurs siècles et une bizarrerie parmi les Bourses du monde entier: les prix en fractions.

Pour le non initié, habitué à lire les prix – des actions, d'un kilo de pommes de terre ou d'un litre d'essence – en décimales, il faut plusieurs semaines d'adaptation pour se faire une idée très précise de la valeur exacte d'une action cotée par exemple à 69 dollars et 13 seizièmes (69,8125 dollars), en progression de 5 huitièmes (+0,625 dollars).

En période de grande agitation sur un titre, le prix peut même s'exprimer en 1/64, voire 1/256 dans des cas très rares. Les prix évolueront au centième près après le passage à la décimalisation, rendant la cotation beaucoup plus précise.

Conscient du problème, alors que de plus en plus de non professionnels tâtent de la gestion directe d'un portefeuille d'actions, le gouvernement américain a demandé aux places américaines d'abandonner cette pratique, unique au monde, avant le 9 avril 2001.

Selon la Bourse de New York (NYSE), la décimalisation va «rendre les prix plus compréhensibles pour les investisseurs et mettre les Etats-Unis en conformité avec les pratiques internationales». Le marché électronique du Nasdaq, qui donne le ton dans le monde entier pour tous les titres de la nouvelle économie, va lui aussi franchir le pas en mars, le temps d'adapter ses systèmes informatiques.

L'utilisation des fractions de huit remonte au XVIIe siècle. L'une des monnaies circulant dans les colonies d'Amérique, la «pièce de huit», pouvait effectivement être scindée en huit morceaux avec un marteau et un burin. Les premiers courtiers, souvent des marchands friands de cette monnaie respectée pour sa stabilité, se sont donc tout naturellement tournés vers les fractions lorsqu'ils ont commencé à échanger des actions.