Finance

Warren Buffett, 87 ans et 3e plus grand actionnaire d'Apple, rassure sur l'avenir de son empire 

Lors du «Woodstock capitaliste», qui réunit près de 40 000 actionnaires, Warren Buffett, qui vient d'accroître sa participation dans Apple, a demandé que Donald Trump soit «éducateur en chef sur les mérites invisibles du commerce»

L'emblématique investisseur américain Warren Buffett, 87 ans, a tenté de rassurer sur l'avenir de Berkshire Hathaway, l'empire qu'il a bâti, affirmant que le succès de ce conglomérat allait se poursuivre après son départ. 

L'investisseur, qui dispose de plus de 100 milliards de cash, a également estimé que Donald Trump devrait être «éducateur en chef des mérites invisibles du commerce» selon Reuters. L'investisseur, qui dispose de plus de 100 milliards de dollars de cash, ne craint pas une augmentation majeure des tensions commerciales. Les Etats-Unis et la Chine ne se lanceront pas, à son avis, dans «quelque chose qui serai insensé». Washington vient d'exiger une diminution de 200 milliards de son déficit commercial avec la Chine.

Troisième actionnaire d'Apple

Deux jours après avoir révélé qu'il avait encore accru sa participation dans Apple par l'achat de 75 millions de titres, il a déclaré souhaité une correction pour en accumuler davantage. «J'adore l'idée d'avoir 5% d'Apple», a-t-il déclaré. Berkshire Hathaway détient 44 milliards de dollars de titres Apple, soit presque 5% du capital. Il en est ainsi devenu le troisième plus grand actionnaire, derrière Vanguard et BlackRock.

Lors de la traditionnelle assemblée générale annuelle des actionnaires, qui réunit environ 40 000 actionnaires, diffusée samedi en direct sur internet, à Omaha (Nebraska), sa ville natale, Warren Buffett a été assailli de questions sur la capacité de l'entreprise à lui survivre.

Ce n'est certes pas l'annonce d'une perte de 1 milliard au premier trimestre qui inquiète. Les chiffres rouges sont dus à une réforme comptable qui fait que les gains et pertes non réalisés soient directement inscrits dans le bénéfice.

Il a répété à plusieurs reprises que la réussite de la société pour dénicher de bonnes affaires, à réaliser des investissements se transformant en mines d'or, à effectuer de bonnes acquisitions était due à son bilan et non à la célébrité de son fondateur et propriétaire.

Le sauveur des grands noms en difficultés

«La réputation appartient à Berkshire désormais», a déclaré M. Buffett. «Pour quelqu'un qui se soucie (de l'avenir de son) entreprise, nous (Berkshire) sommes les premiers à qui il passera un coup de fil si besoin et nous continuerons à être les premiers», a-t-il ajouté au côté de son «complice» Charlie Munger, 94 ans. Les grands noms de l'économie américaine ont souvent le réflexe de se tourner vers le milliardaire quand ils traversent une mauvaise passe comme ce fut le cas des banques Goldman Sachs et Bank of America au plus fort de la crise financière.

Les investissements de Warren Buffett sont la plupart du temps considérés par les milieux d'affaires comme un gage de confiance en l'avenir d'une entreprise.

Vendredi, l'annonce qu'il avait augmenté sa participation au capital d'Apple a fait gagner près de 4% en Bourse à l'action de la marque à la pomme. Certains se demandent donc si les entreprises viendraient encore frapper à la porte de Berkshire Hathaway une fois Warren Buffett parti?

Les deux successeurs possibles

«Si elles se soucient vraiment où va échouer leur entreprise ou de la direction qu'elle va prendre, nous sommes les premiers qu'elles appelleront», a insisté samedi le célèbre financier. «Je ne pense pas qu'elles raccrocheront si ce n'est pas moi qui répond et si elles ont besoin d'argent».

En janvier, Berkshire Hathaway a élevé deux dirigeants, Greg Abel et Ajit Jain, au rang de vice-présidents et leur a confié davantage de responsabilités dans la conduite des opérations, ce qui en fait des successeurs potentiels de M. Buffett. Mais aucun des deux hommes n'avait jamais vraiment pris la parole devant les milliers de personnes qui accourent dans le Nebraska.

Perte inhabituelle

Berkshire Hathaway a des participations dans un grand nombre de sociétés allant de Coca-Cola, American Express, Wells Fargo, à Delta Air Lines.

Lors du premier trimestre, l'entreprise a essuyé une perte inhabituelle de 1,14 milliard de dollars (1,14 milliard de francs au cours actuel), selon un communiqué publié samedi. Au premier trimestre 2017, le bénéfice était de 4,07 milliards de dollars.

Elle a dû inscrire dans ses comptes des charges d'un montant total de 6,2 milliards de dollars, en raison de nouvelles règles comptables qui l'obligent à estimer des pertes potentielles sur son gros portefeuille d'actions, a expliqué l'entreprise.

Hormis cet élément exceptionnel, Berkshire Hathaway a enregistré un bénéfice opérationnel de 5,3 milliards de dollars, en hausse de 49% sur un an, principalement grâce aux activités industrielles -la société ferroviaire BNSF et le groupe industriel Precision Castparts se sont particulièrement distingués.

Autre bonne nouvelle, la filiale d'assurance Geico a renoué avec les bénéfices, enregistrant un profit de 407 millions de dollars, contre une perte opérationnelle de 267 millions à la même période il y a un an.

Elle semble épargnée par les catastrophes naturelles, dont la facture avait plombé sa performance en 2017. Le nombre des polices d'assurance vendues a nettement augmenté en dépit d'une augmentation de ses tarifs, tandis que les demandes d'indemnisation ont diminué.

Berkshire Hathaway, qui est en quête d'une grosse acquisition, a fini le trimestre avec 108,6 milliards de dollars en main, un gros trésor de guerre qui pourrait permettre à Warren Buffett de frapper un nouveau coup dans les prochains mois.

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