D'abord, placer la cannette de Cherry Coke dans le champ des photographes et des caméras, nombreuses. Ensuite, répondre aux questions. Enfin, boire une gorgée de la boisson concoctée par Coca-Cola, dont il détient 8,6% des actions.

Warren Buffett, l'homme le plus riche du monde, était à Lausanne mardi, accueilli par l'IMD. La deuxième étape de sa tournée en Europe, commencée lundi à Francfort, et qui se poursuit aujourd'hui à Madrid avant de s'achever demain à Milan.

Pas de «deal» avant deux ans

Le milliardaire américain, 77 ans, cherche des sociétés familiales dans lesquelles son groupe Berkshire Hathaway pourrait investir une partie des 40 milliards de dollars de cash dont il dispose. Warren Buffett n'a cependant donné aucun nom de société l'intéressant. «N'attendez pas un deal d'ici la fin de la semaine. Je serai chanceux si j'en conclus un dans deux ans», a-t-il précisé.

Il a peut-être fait des rencontres prometteuses hier en fin de journée, à l'occasion de la soirée organisée par l'IMD qui fête les 20 ans de sa chaire sur les entreprises familiales. Quelque 80 personnes représentant des sociétés familiales proche de l'IMD. La liste des participants n'a pas été rendue publique. La Business school assure cependant que Nicolas Hayek, président du groupe Swatch, n'y figurait pas. En revanche, peut-être autour du stand de hamburgers qu'il a exigé, l'Américain devrait avoir rencontré Thierry Lombard, associé de la banque LODH qui a créé le centre de recherche sur les entreprises familiales de l'IMD.

Lors de la conférence, Warren Buffett a déclaré qu'il pourrait acheter une banque, «mais j'ai besoin de connaître le banquier». Il en a profité pour reprocher aux patrons des banques d'avoir délégué la gestion des risques, ce qui a conduit à la crise actuelle. «On ne peut accepter des fonds d'autres personnes sans accepter en même temps d'être responsables des risques.» Avant d'ajouter que les produits financiers construits à partir des hypothèques américaines avaient atteint une complexité «folle». Le financier se targue lui de n'investir que dans des sociétés qu'il comprend. Entre 1965 et 2007, le rendement annuel de Berkshire Hathaway s'élève à 21%, deux fois plus que l'indice américain S & P 500.

«Ils ont mon numéro»

En Suisse, le financier détient 3% de Swiss Re, acquis en janvier. Hier, il a dit beaucoup apprécier Rolex, montrant la montre qu'il portait au poignet. La société contrôlée par la fondation Wilsdorf «a mon numéro de téléphone, mais ne m'a pas appelé!», a-t-il regretté. Il s'est aussi dit intéressé par le secteur de l'énergie.

Enfin, le vieux routier de la finance a rappelé aux écoles de commerce qu'elles devraient davantage enseigner comment évaluer une entreprise. «Valoriser une option ou calculer le Beta d'une action ne sert pas à grand-chose. Car les marchés ne sont pas toujours efficients», selon lui.