Après trois semaines de débats acharnés, le plan américain de sauvetage du système bancaire entre en action. Ou plutôt la version 3.0 du «plan Paulson». Dès lundi matin, Neel Kashkari, le jeune responsable de son application au Trésor, confirmait la mise en place d'un programme massif de recapitalisation des établissements bancaires; un virage radical par rapport à la position tenue il y a quelques semaines encore par son patron, Henry Paulson.

Ceci avait permis au Dow Jones de rebondir fortement, après sa pire semaine depuis 1933. Mardi matin, les détails étaient présentés: 250 milliards de dollars d'argent public injecté dans les banques, probablement d'ici la fin de l'année. «Ces institutions, comme des milliers d'autres à venir, verront ainsi renforcer leur capacité d'accorder des prêts, vitale pour l'économie», a soutenu le président George Bush dans une allocution télévisée.

Le nom des neuf établissements auxquels seraient consacrés 125 milliards dans les jours à venir court déjà: Citigroup, Goldman Sachs, Wells Fargo, JP Morgan Chase, Bank of America, Merrill Lynch, Morgan Stanley, State Street et Bank of New York Mellon. Cette dernière a d'ailleurs été choisie pour assurer la direction comptable du rachat des actifs douteux accumulés par les banques dans le pays.

«Le premier plan, qui visait à racheter les actifs toxiques grevant les bilans des banques était une façon indirecte de leur fournir du capital, cette version permet de le faire plus rapidement», note Robert Hodrick, professeur de finance à l'Université de Columbia.

Cette injection de capitaux sera accompagnée d'autres mesures. Parmi celles-ci, la garantie gouvernementale sur les nouveaux emprunts des banques. Dans quinze jours démarrera également le rachat par l'Etat des «billets de trésorerie», ces emprunts contractés par les entreprises afin de financer leur activité au jour le jour.

Hier après-midi la confiance semblait un peu revenir sur les marchés. Les taux auxquels les banques s'accordent des prêts entre elles ont un peu diminué. La bourse de New York, ne parvenait cependant pas à maintenir son envolée de la matinée.

Conditions drastiques

Certaines des banques secourues auraient rechigné à accueillir ces fonds publics. «Cela ne m'étonnerait pas, non seulement elles ne veulent pas donner l'impression qu'elles ont des problèmes, mais en plus, elles ne veulent pas faire face aux restrictions qui accompagneront ce plan», explique Michael Santoli, éditorialiste de l'hebdomadaire Barron's. Les mesures avancées prévoient que les banques bénéficiant de ce soutien étatique s'engageront, par exemple, à limiter les bonus versés à leurs dirigeants.