Si le refus est avéré, ce serait la première fois depuis le début de la crise que Washington déciderait de ne pas sauver une entreprise de cette envergure.

Le groupe spécialisé dans le financement des PME, notamment dans le domaine de la franchise, a indiqué dans un communiqué qu’il n’avait plus d’espoir d’obtenir un soutien gouvernemental à court terme. Evitant de mentionner explicitement la possibilité de déposer son bilan, CIT Group a précisé qu’il étudiait des «alternatives».

Sa faillite serait la sixième plus grosse intervenue aux Etats-Unis depuis 1980, venant après le groupe automobile General Motors, qui vient d’achever une période éclair de redressement judiciaire, et le courtier en énergie Enron.

Le précédent de Lehman Brothers

La dernière fois que Washington avait laissé un groupe financier important faire faillite, c’était en septembre avec le lâchage de Lehman Brothers. Son effondrement avait provoqué un séisme dans l’économie mondiale, mais CIT est onze fois plus petit et surtout beaucoup moins intégré dans la finance du globe.

La décision de laisser le groupe CIT se débrouiller seul confirme l’intention des autorités de ne limiter leurs opérations de sauvetage qu’aux établissements financiers les plus gros. «Nous pensons que le seuil est très élevé pour qu’une aide gouvernementale exceptionnelle soit accordée à des sociétés individuelles», a souligné le Trésor dans un communiqué.

Conséquences pour les détaillants

Cette attitude a alarmé la fédération de la distribution NRF. «Une faillite de CIT aurait un impact sur des milliers de détaillants et, par contre-coup, sur les dépenses de consommation qui représentent les deux tiers de l’économie du pays», a-t-il averti avant même l’annonce du groupe. CIT compte près d’un million de clients parmi les PME aux Etats-Unis.

Signe que la décision de laisser tomber CIT a été prise aux plus hauts niveaux de l’Etat, le président Barack Obama s’était tenu au courant des discussions durant la journée, selon son porte-parole.

L’entreprise avait obtenu fin décembre le statut de banque, ce qui lui a permis de toucher 2,33 milliards de dollars de fonds publics dans le cadre du plan de sauvetage du système financier piloté par le Trésor.

D’après le Wall Street Journal, ses dettes s’élevaient au 31 mars à 68 milliards de dollars au total, dont 2,7 milliards venant à échéance cette année et 8 milliards l’an prochain. Un milliard serait dû sur le seul mois d’août.