ÉTATS-UNIS

Washington veut accélérer l’arrivée des voitures autonomes avec un guide

Dès mardi, les constructeurs devront partager leurs données avec le gouvernement, avant les tests en situation réelle. Les autorités fédérales jugeront également l’aspect éthique

L’administration Obama a présenté lundi un guide de bonnes pratiques pour encadrer le développement en toute sécurité des voitures autonomes, accélérer leur déploiement et leur commercialisation. Ce document, qui comprend quinze points principaux, veut centraliser les différentes réglementations portant sur les aspects techniques de ces véhicules pouvant se conduire tout seuls et censés «sauver des vies».

Il concerne l’ensemble des entreprises automobiles et technologiques (Tesla, Uber, Mercedes-Benz, Ford, General Motors, Google…) travaillant sur la technologie autonome, a tenu à préciser le département du Transport (DoT).

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Une volonté de transparence pour rassurer les consommateurs

Il est notamment demandé aux constructeurs de partager avec le ministère les données et les informations sur leurs technologies avant les tests en situation réelle. Les autorités fédérales jugeront ainsi comment la voiture réagit, comment elle gère les défaillances techniques et les éventuels piratages informatiques ou encore comment elle détecte des objets sur la route.

Washington veut aussi regarder de près les différentes questions «éthiques» que soulève la technologie autonome: comment ces voitures sans chauffeur sont-elles programmées pour réagir en cas de dilemme. Exemple: que ferait une de ces voitures face à l'alternative de percuter soit un bus, soit un cycliste?

Ces règles entreront en vigueur à partir de mardi. Le ministère des Transports va dans les prochains mois demander aux groupes concernés de lui envoyer les données requises.

En incitant les entreprises à jouer le jeu de la transparence, la Maison-Blanche espère apaiser les inquiétudes du grand public après un accident mortel en mai d’un automobiliste au volant d’une berline de luxe, Model S de Tesla, dont le système de pilotage automatique était activé.

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L’administration Obama souligne que la technologie autonome pourra limiter le nombre d’accidents sur les routes américaines. L’an dernier 94% des accidents étaient dus à des erreurs humaines, a d’ailleurs répété Jeff Zients, directeur du conseil économique à la Maison-Blanche lors d’une conférence téléphonique avec les journalistes. «Les voitures autonomes vont sauver des vies et permettre aux Américains de gagner du temps et de l’argent.»

Les prérogatives des Etats locaux diminuées

L’administration Obama va remettre en place un système dit de «pré-approbation» de la technologie avant les tests. Celui-ci va remplacer la procédure plus fastidieuse de la certification par l’agence de la sécurité routière (NHTSA).

Les constructeurs pourront par ailleurs demander des exemptions pour tester des voitures dont le design ne correspond pas aux normes de base. Une réponse leur sera fournie dans les six mois au lieu de «plusieurs mois» jusqu’ici. Il n’est pas certain que cet arsenal fédéral soit du goût des Etats locaux, qui n’apprécient généralement pas de voir leurs prérogatives ainsi diminuées.

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Consciente de cet écueil, la Maison-Blanche a indiqué que les autorités locales garderaient la main sur l’octroi des immatriculations et des permis de conduire, le code de la route (limitations de vitesse notamment) et les types de polices d’assurance et de responsabilité civile nécessaires.

Le potentiel de la voiture autonome, considérée avec l’électrique comme l’avenir de l’automobile, entraîne une course contre la montre entre Detroit, berceau de l’automobile américaine, et la Silicon Valley, temple de la technologie, pour savoir qui sera le premier à l’introduire sur les routes d’ici 2020. Uber teste depuis quelques jours un service de location de courte durée de voitures autonomes à Pittsburgh.

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