Four ou frigo WiFi pilotables à distance via un smartphone, thermostat «intelligent», peluches connectées à Internet… les exemples d’objets liés au Web se multiplient. La start-up Novaccess à Yverdon-les-Bains s’est également lancée dans le créneau. Toutefois, la jeune entreprise, créée en novembre 2011 et issue de l’Institut de télécommunication de la HEIG-VD, ne cherche pas à développer un nouveau gadget mais veut faire entrer l’Internet des objets dans le monde de l’industrie.

Son premier projet concerne des étiquettes «intelligentes» destinées à une chaîne de supermarchés. Chaque étiquette correspond à un petit écran, placé sur les étals d’un magasin. Consommant très peu d’énergie, le distributeur pourra interagir à distance avec ces étiquettes. «Il pourra modifier des informations sur le produit en rayon, lorsqu’il s’agit par exemple d’une période de solde et afficher certaines informations, à l’exemple de la présence ou non de gluten ou de lactose», explique Hervé Dedieu, directeur de la Novaccess et professeur à la HEIG-VD. Toujours par le biais de ces petits écrans et via leurs smartphones, les consommateurs pourront recueillir de plus amples informations sur les produits sélectionnés. «Les téléphones qui seront à terme tous équipés d’interaction en champ proche de type NFC permettront de communiquer avec les étiquettes à l’aide d’un geste ergonomique simple, précise Marc Sommer, cofondateur de la start-up, aux côtés d’Hervé Dedieu, Olivier Liechti, Rostand Mitouassiwou, Jean-Philippe Rey. Nous sommes actuellement en phase de test avec un grand distributeur en Suisse.»

«Révolution silencieuse»

C’est l’émergence fulgurante des smartphones qui explique cet envol de l’Internet des objets. Les applications potentielles chez les commerçants sont multiples. «Un client pourra bientôt se rendre dans une librairie, pointer son téléphone sur un livre et obtenir les critiques sur l’ouvrage, le prix proposé par Amazon ou la biographie détaillée de l’auteur, donne comme exemple Marc Sommer. Il s’agit d’une révolution silencieuse qui va bouleverser les domaines de l’interaction homme-machine ou machine-machine. Selon Cisco, le marché représentera plusieurs trillions de dollars d’ici à 2020 avec 50 milliards d’objets qui seront d’ici là connectés à Internet.»

Novaccess vise principalement le monde de l’industrie. «L’Internet des objets permet de rationaliser les processus, d’améliorer la maintenance des machines ou d’optimiser les flux de production», précise Hervé Dedieu. Novaccess travaille par exemple sur l’amélioration des processus de vinification. Un capteur de densité mesure la teneur en sucre des moûts de raisin tandis qu’un dispositif de régulation asservit la température des cuves de façon à accélérer ou ralentir le processus de fermentation. «Les processus de contrôle sont aujour­d’hui manuels et même s’il ne s’agit pas de remplacer le vigneron ou l’œnologue, on peut lui fournir des outils qui simplifient son travail», précise le directeur de la start-up qui travaille avec l’Ecole d’ingénieurs de Changins ainsi qu’un industriel aux Etats-Unis qui fournit les capteurs.

Autofinancée depuis ses débuts, une plateforme est en cours de finalisation, une première version sera opérationnelle à la fin du quatrième trimestre 2013.