WhatsApp utilise une nouvelle stratégie pour convaincre ses utilisateurs de ne pas la quitter. Ce week-end, les plus de deux milliards de clients de la messagerie ont vu apparaître une notification inédite. Pour la première fois, WhatsApp a utilisé les «statuts» pour communiquer avec ses clients. Le service tente par tous les moyens de les convaincre de ne pas le délaisser pour des concurrents tels que Signal, Telegram, Threema ou encore Wire.

Les «statuts», c’est cet onglet, sur WhatsApp, qui permet de publier des messages éphémères, que ce soit du texte, des images ou de courtes vidéos. Lancés en février 2017 avec l’intention de concurrencer Snapchat, ces «statuts» ont été ce week-end utilisés pour la première fois par WhatsApp lui-même, qui a publié quatre petites vignettes. «C’est ici que nous vous tiendrons informés des nouvelles fonctionnalités et mises à jour. La seule chose qui ne change pas, c’est notre engagement envers votre vie privée. WhatsApp ne peut pas lire ou écouter vos conversations personnelles. Elles sont chiffrées de bout en bout», écrit notamment la société, avec un lien vers son site WhatsApp.com/privacy.

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Incompréhension

Cette communication hors norme intervient dans un moment clé pour WhatsApp. Début janvier, la société avait provoqué incompréhension et crainte chez de nombreux utilisateurs en affichant un message peu clair. La filiale de Facebook annonçait qu’elle partagerait dès le 8 février des informations avec sa maison mère. Face au tollé provoqué et au début de migration de certains clients vers des messageries concurrentes, WhatsApp décidait ensuite de reporter ce délai au 15 mai prochain.

Avec son «statut», la messagerie insiste aujourd’hui sur le fait qu’elle n’a jamais accès aux messages de ses utilisateurs. Mais en réalité, ce point, s’il a pu être l’objet de doutes de la part de certains clients, n’a jamais été le cœur du problème. Car comme il chiffre depuis longtemps et par défaut toutes les communications – comme Threema et Signal –, WhatsApp n’a jamais été en mesure de lire les messages et ne pourra jamais le faire. Dans ce domaine, WhatsApp est même plus avancé que Telegram, qui ne chiffre pas tous les échanges par défaut.

Deux messages

Par contre, c’est l’échange avec Facebook de certaines données (identifiant, numéro de téléphone, niveau de batterie, etc.), ajouté à la communication brouillonne de WhatsApp, qui pose toujours problème. Ainsi, les utilisateurs suisses ont reçu deux messages différents, sans que la société puisse l’expliquer. Ces derniers jours, WhatsApp avait publié un long communiqué pour tenter d’expliquer les changements à venir, avant de publier ces «statuts». D’ici au 15 mai, d’autres opérations devraient intervenir.

Si WhatsApp en fait autant, c’est pour convaincre un maximum d’utilisateurs de ne pas passer à la concurrence. Combien ont fait le pas? Impossible à dire. La semaine passée, lors de la publication de ses résultats trimestriels, Facebook n’a donné aucune indication. Même si Signal ou Telegram affirment enregistrer l’arrivée de dizaines de millions de clients, rien ne dit qu’ils cessent totalement d’utiliser WhatsApp. Une chose est sûre, ces concurrents s’activent.

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Threema se développe

La semaine passée, Telegram a lancé une nouvelle fonction sur iOS (iPhone) permettant d’importer, une à une, toutes ses anciennes discussions depuis WhatsApp. De son côté, Signal propose depuis peu des fonctions de divertissement directement inspirées par… WhatsApp. L’app soutenue par une fondation permet de créer des fonds d’écran personnalisés pour les discussions, des autocollants animés et d’afficher davantage d’informations sur son profil. Enfin, l’application suisse Threema permet désormais de créer des groupes allant jusqu’à 256 personnes et de publier des commentaires sous n’importe quel type de média, tels des images, des localisations ou des messages vocaux. La course pour s’emparer des clients de WhatsApp devrait demeurer vive ces prochaines semaines.