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Wikifolio, spécialiste du «social trading», fait ses débuts en Suisse

La société créée à Vienne en 2012 cible à la fois les clients individuels et les gérants de fortune

Wikifolio, spécialiste du «courtage social», fait ses débuts en Suisse

Finance en ligne La société autrichienne vise à la fois les clients individuels et les gérants de fortune

Lorsqu’une idée d’investissement est soutenue par dix personnes, un certificat est émis

Contrairement à ce que son nom pourrait indiquer, Wikifolio.com n’est pas une encyclopédie en ligne consacrée à la finance. Créée en 2012, la société basée à Vienne veut être la première plateforme européenne de «social trading», une approche qui utilise les possibilités offertes par les réseaux sociaux pour la gestion de portefeuille. La société compte parmi ses concurrents les sites britannique eToro et allemand Ayondo, également actifs dans ce domaine. Depuis une semaine, elle est aussi ouverte aux investisseurs en Suisse, en plus de l’Allemagne et de l’Autriche.

Pratiquement, n’importe quel investisseur privé ou gérant de fortune peut proposer une idée de négoce – le «wikifolio» – qui est présentée aux autres utilisateurs sous la forme d’un portefeuille type. Dès que dix intéressés, les «followers», choisissent de la suivre, et après la vérification de certaines conditions, un certificat reposant sur cette idée d’investissement est émis via la société partenaire Lang & Schwarz. La valeur sous-jacente du certificat, qui peut ensuite être achetée en bourse, réplique l’évolution du portefeuille créé. Les papiers-valeurs sont négociés à la bourse de Stuttgart, y compris pour les clients basés en Suisse.

Depuis 2012, quelque 2400 idées d’investissement ont été concrétisées en certificats «wikifolio». «Les idées sont très variées. Certains certificats se concentrent sur une catégorie spécifique de titres, par exemple uniquement les actions allemandes. D’autres se rapportent à des thèmes d’investissement très spécifiques comme la conduite autonome, la réalité augmentée ou la médecine esthétique», cite à titre d’exemple Andreas Kern, le fondateur et directeur de Wikifolio.com, qui emploie 30 collaborateurs. Les frais de base, fixes, atteignent 0,95% par an. Les commissions de performance peuvent, elles, osciller entre 5 et 30%. N’est-ce pas beaucoup? Andreas Kern relativise: «La commission de performance dépend du résultat obtenu et n’est prélevée que lorsque le portefeuille a franchi un nouveau sommet. Un taux de 30% pourrait être exigé par des traders qui ont une stratégie de placement très active. A l’inverse, 5% peut correspondre à un certificat thématique qui modifie très peu son portefeuille. En moyenne, la commission de performance, fixée par les traders, se situe entre 10 et 15%.» Les modifications effectuées au sein du portefeuille ne génèrent pas de coûts supplémentaires pour les utilisateurs.

Qui sont-ils justement? Andreas Kern observe deux catégories de «followers». D’un côté, des personnes déjà fortunées ayant une affinité avec les marchés des capitaux. «Ils recherchent une composante active, complémentaire à leurs autres placements», décrit-il. De l’autre, il y a «des investisseurs plus jeunes, qui ont moins d’argent, qui désirent améliorer leurs compétences en matière d’investissement.»

Selon le fondateur, la dimension «sociale» de la plateforme se concentre sur le trading. Chacun peut commenter les portefeuilles créés. Mais il n’y a pas de «chat» entre utilisateurs. «Nous voulons une plateforme où seule la performance réelle compte. Celle-ci est évaluée sur la base de faits concrets. Il n’y a pas de fonctions de type «like» ou des évaluations à l’aide de notes», explique-t-il.

Deux raisons ont incité la société à venir en Suisse. Il s’agit du premier marché pour les certificats en Europe, avant même l’Allemagne. De plus, il y a beaucoup de gérants de fortune en Suisse. Dans l’immédiat, seuls 350 certificats sont proposés aux investisseurs helvétiques, mais ce nombre augmentera graduellement. A moyen terme, Wikifolio.com ambitionne d’étendre son offre de services à deux ou trois pays supplémentaires, non germanophones.

La performance est évaluée sur la basede faits concrets.Il n’y a pas de fonctions de type «like»

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