C'est le moment de sortir des titres sensibles à la conjoncture et de préférer aux titres de substance les titres de croissance, qui ne dépendent pas du stade du cycle économique. Bien que les titres de croissance offrent de bonnes perspectives, leur valorisation n'a jamais été aussi bon marché depuis quinze ans. Mais contrairement à il y a quinze ans, les taux d'intérêt et les rendements des taux longs sont bien plus bas. Elles devraient donc surperformer.

Le prix du baril se maintient au-dessus de 40 euros, et peut pénaliser la consommation européenne. Nous ne sommes donc pas très optimistes pour la croissance de la zone, et estimons les projections trop élevées. La croissance des bénéfices des sociétés, estimée à 14%, sera plus probablement vers les 7%.

D'où notre préférence pour les entreprises qui peuvent croître indépendamment des taux d'intérêt, et qui sont moins exposées aux prix élevés des matières premières.

Nous éviterions les pharmas, pour lesquelles les estimations sont trop optimistes. Il faut aussi éviter les sociétés exposées à des coûts des matières premières en hausse comme la chimie, et dont les marges sont sous pression.

Dans le secteur plus large de la santé, nous aimons l'opticien français Essilor, qui connaît une croissance des bénéfices de 10-15%, durable.

Le secteur bancaire, les affaires de crédit recèlent des opportunités en Irlande (Allied Irish, croissance de 15% estimée), Espagne (BBVA, Santander, +15% E) et Grèce (Piraeus, +20% E).

Le secteur de la construction permet de profiter des dépenses d'infrastructure en Autriche (Wienerberger), aux Pays-Bas et en France.

Le secteur du luxe (LVMH, Swatch Group) est attrayant en raison du pouvoir d'achat accru des consommateurs asiatiques, surtout dans la perspective de l'appréciation de leurs monnaies contre le dollar et l'euro.

Enfin, nous sommes très favorables aux groupes pétroliers, en particulier ENI et Total, qui investissent leurs liquidités dans de nouveaux projets.

En Suisse, nos deux autres titres préférés à part Swatch sont UBS et Nobel Biocare, qui entrent tous deux dans la catégorie des titres de croissance.