Après avoir vu son titre chuter de moitié lors de son entrée en bourse fin mars, Wisekey a fait le point sur sa stratégie jeudi à Zurich. L’entreprise genevoise spécialisée dans les techniques de sécurité informatique et enregistrée à Zoug a annoncé avoir levé 5,4 millions de francs en plaçant sur le marché la deuxième tranche d’un emprunt convertible placé auprès d’investisseurs stratégiques.

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L’emprunt, qui arrivera à maturité le 12 octobre, sera automatiquement converti dans un nombre de 1,02 à 1,08 million de nouvelles actions de classe B issues du capital existant de la société. Cette levée de fonds s’ajoute aux 3 millions récoltés fin juin lors d’une première tranche de son emprunt convertible. En tout, la société pourrait lever jusqu’à 10 millions de francs par ce biais.

Objectif de ventes confirmé

Côté stratégie, Wisekey a esquissé jeudi ses projets pour assurer sa croissance au cours des prochaines années. Toujours déficitaire, la société a certes réduit sa perte consolidée à 6,9 millions de dollars en 2015, contre 33,7 millions un an plus tôt. Elle a aussi décroché plusieurs contrats durant les premiers mois de 2016, notamment avec MasterCard, Microsoft, Samsung, SAP, Hublot et Bulgari. Concernant cette dernière société, Wisekey a indiqué jeudi avoir obtenu une nouvelle commande de la marque de luxe italienne pour une application mobile de stockage de données personnelles utilisant sa solution de cryptage WISeID.

En tout, la société vise un chiffre d’affaires de 50 à 60 millions de dollars pour 2016, contre 2,3 millions l’an dernier. «Nous sommes en bonne voie pour atteindre cet objectif», a souligné Carlos Moreira, le directeur de Wisekey. Il précise toutefois qu’il s’agit de chiffres pro forma, qui incluent non seulement les revenus de Wisekey mais aussi ceux issus d’autres sociétés rachetées.

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C’est le cas notamment de l’activité semi-conducteurs de l’entreprise française Inside Secure reprise fin mai. Ses solutions seront utilisées pour l’internet des objets («IoT» en anglais), un domaine où la sécurité jouera essentiel au cours des prochaines années selon Wisekey. «Si vous avez plusieurs objets connectés dans une maison et qu’un seul, par exemple une machine à café, subit une attaque informatique, tout le système est en danger», a-t-il illustré. «Il n’y aura pas d’internet des objets sans sécurité pour l’internet des objets», a-t-il conclu. La société ambitionne d’atteindre 35 millions de chiffres d’affaires dans le domaine des IoT en 2017.

L’IPO facilitera les futures acquisitions

Du point de vue de la structure de son capital, Wisekey compte deux classes de titres. D’un côté, il y a 14,85 millions d’actions de classe B – celles qui sont cotées en bourse –, représentant environ 65% du capital-actions de la société mais 27% des droits de vote. De l’autre, 40 millions de titres de classe A, conférant des droits préférentiels à un cercle restreint d’actionnaires, qui ne sont pas cotées à la bourse suisse.

Lors de ses débuts à la bourse suisse, les actions nominatives de classe B, émises à un prix initial de 12 francs, ont chuté de moitié dès la première séance, pour ensuite osciller entre 3,3 et 5 francs au cours des mois suivants.

Revenant sur cet épisode, Carlos Moreira a souligné que Wisekey n’a pas réalisé une IPO uniquement pour lever des fonds – la société disposant d’autres sources de financement – mais parce qu’il était selon lui important d’être côté en bourse pour poursuivre sa croissance non organique.

Les annonces effectuées jeudi n’ont eu que peu d’effet sur l’action de Wisekey. Le titre a clôturé la séance en baisse de 2,6% à 4,87 francs.