«Maintenant, nous pouvons commencer le voyage avec le réservoir rempli.» Il a fallu six ans pour que se remplisse le réservoir dont parle ce responsable new-yorkais, mais au terme d'une longue procédure juridique, c'est désormais chose faite: sept compagnies d'assurance, dont Swiss Re et Zurich Financial Service, ont accepté de verser 2 milliards de dollars à Larry Silverstein, le promoteur du World Trade Center. Cette somme s'ajoute aux 2,55 milliards déjà versés par d'autres assurances et permettra de lancer la reconstruction du site, transformé en champ de ruines le 11 septembre 2001.

Deux avions se sont écrasés sur les tours jumelles. Et le promoteur, qui venait de signer le bail du World Trade Center six semaines plus tôt, voulait que ces deux événements soient considérés comme distincts afin d'obtenir une réparation qui se serait alors montée à 7 milliards de dollars. La justice lui avait donné tort en partie. Mais elle avait fixé que la société Silverstein pouvait prétendre à un maximum de 4,68 milliards de dollars, bien au-delà des 3,5 milliards assurés.

Depuis lors, les autorités new-yorkaises et le promoteur entendaient obtenir le plein de ce remboursement. Ces dernières semaines, le gouverneur de l'Etat de New York s'est joint aux négociateurs qui sont passés par Genève, Paris et les Etats-Unis. Ce remboursement des assurances, qui a été «âprement et intensément contesté pendant six ans» était «le dernier obstacle à la reconstruction», a commenté le gouverneur.

Le coût du nouveau projet est évalué à 9 milliards de dollars. Il comprend la construction de la «Tour de la liberté» ainsi que de quatre autres gratte-ciel, d'un centre commercial et d'un hôtel. La dispute avec les assurances s'ajoutait à une série de différends liés à l'architecture, aux mesures de sécurité et au financement des projets. Ainsi, les plans d'aménagement ont été revus à de nombreuses reprises. En dehors de la station de métro reconstruite, seules les fondations de la «Freedom Tower» ont commencé à être posées.

La part qui revient à chacune des sept assurances (Swiss Re, Allianz, Zurich American, Travelers, Employers Insurance Company of Wausau, Industrial Risk Insurers et Royal Indemnity Company) est restée secrète. Mais l'accord, qui est censé régler «toutes les actions de justice en cours», a été jugé «équitable» par les assureurs.