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Lors de sa visite de quatre jours en Suisse, le président chinois Xi Jinping a visité Genève, ville et place financière internationale.
© Denis Balibouse/AFP

Place financière

Xi Jinping a évoqué l’implantation des banques chinoises à Genève

La ville du bout de lac compte 62 banques étrangères, mais la plus grande puissance commerciale mondiale n’a pas pignon sur rue. Le président chinois a évoqué le sujet mercredi avec le président du Conseil d’Etat François Longchamp

Des banques chinoises s’installant à Genève dans un avenir proche? Un tel scénario n’est pas farfelu. Il a même fait l’objet des discussions entre le président chinois Xi Jinping et le président du Conseil d’État François Longchamp mercredi dernier. L’entretien a duré 25 minutes dans le train entre Lutry et Bellevue, juste avant que le président chinois ne procède à la dernière partie de sa visite officielle en Suisse, au Palais des Nations.

Parfaitement avisé de l’importance de Genève, ville et place financière internationales au cœur de l’Europe, Xi Jinping aurait trouvé «incompréhensible que la principale puissance commerciale mondiale» qu’est son pays n’y ait pas de présence. D’autant plus que la Chine et la Suisse sont liées par un accord de libre-échange. C’est dans ce contexte que l’implantation des banques chinoises a été évoquée par les deux personnalités. Pour Genève, ce serait une bonne nouvelle: le nombre de banques étrangères ayant pignon sur rue a baissé de 75 en 2008 à 62 en 2015.

Activités chinoises en hausse à Genève

L’implantation des banques chinoises à Genève se justifie pleinement. Les activités d’entreprises de l’Empire du Milieu y sont en hausse, surtout après la participation des capitaux chinois dans Mercuria, une entreprise de négoce de pétrole. Pékin, grand importateur de matières premières, souhaite que les transactions soient négociées en renminbi. Son ambition en la matière est connue: faire de la monnaie chinoise une monnaie internationale. A présent, les responsables de la succursale zurichoise de la China Construction Bank (CCB) se rendent une fois par semaine à Genève pour y rencontrer leurs clients.

Lire aussi: Le message du président chinois Xi Jinping à la Suisse

La CCB est installée en Suisse depuis l’an dernier. Elle fonctionne principalement comme un bureau de change entre le renminbi et le franc. Sans projet immédiat de se transformer en banque de détail, elle compte actuellement 27 employés et entend recruter cinq autres ces prochains mois. Par ailleurs selon diverses sources d’information, un deuxième établissement, l’Industrial and Commercial Bank of China, a déposé la demande pour une licence bancaire aux autorités helvétiques. Elle pourrait être opérationnelle d’ici quelques mois, vraisemblablement à Zurich.

Pas une première

Une banque chinoise à Genève dans le sillage de la rencontre Xi Jinping et François Longchamp? Possible, mais ce ne sera pas une première. La Bank of China y a déjà fait une expérience, mais a essuyé un échec. Ouverte en 2008, la succursale genevoise de la plus grande banque chinoise, a cessé ses activités en 2011 suite à une divergence de vue au sein de la société mère à Pékin. Dans une lutte de pouvoir à l’interne, une école était opposée à l’expansion de l’établissement à l’étranger. En fin de compte, la succursale genevoise a été reprise par Julius Baer

Mais même à Genève, l’aventure s’est terminée au tribunal. Son ancien directeur, chargé de la gestion de quatre fonds de placement investissant dans des titres chinois et japonais, avait été accusé d’avoir perdu une trentaine de millions de dollars.


Cet article a été rectifié après publication en raison de deux erreurs concernant les sociétés Gunvor et Mercuria. Contrairement à ce que nous indiquions, Gunvor n'a pas de participation chinoise à son capital. Pour sa part, Mercuria précise que les produits pétroliers russes ne représentent pas plus de 3% du volume qu'elle traite. Nous avions laissé entendre que la part du pétrole russe était prépondérante.

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