Xiaomi est numéro un des smartphones en Chine

Téléphonie mobile Samsung est dépassé

Il n’a fallu que trois ans à Xiaomi pour devenir le premier vendeur de smartphones en Chine. Selon le cabinet d’étude Canalys, la société s’est arrogé 14% du marché au deuxième trimestre 2014, dépassant même le leader mondial, Samsung (12%).

Le groupe, qui commence à peine à se lancer sur les marchés les plus riches d’Asie du Sud-Est, est parvenu à quadrupler ses livraisons en un an, à 26 millions d’unités au cours du premier trimestre.

Les marques locales ont su franchir le fossé qui les séparait de Samsung et d’Apple, qui occupent le segment haut de gamme. «Les fabricants chinois sont devenus plus agressifs en lançant des produits à prix faible tout en passant par les bons canaux de distribution, les marques étrangères telles que Samsung et Apple s’en trouvent affectées», constate Ricky Lai, qui analyse ce marché pour Guotai Securities.

Xiaomi propose son téléphone le plus performant à 1999 yuans, soit 240 euros, et gagne également du terrain avec un autre smartphone à faible coût, Hongmi (riz rouge), pour 799 yuans, 96 euros.

Cette marque, comme d’autres telles que Lenovo ou Huawei, a su faire la preuve de ses qualités techniques auprès du public, tout en se tenant à des prix bien plus faibles que le géant coréen ou Apple, un argument important dans un pays où l’on achète son smartphone au comptant, sans l’échelonnement de l’abonnement. ­ «Elles ont été capables de capter le consommateur grâce à des prix plus abordables et pour des caractéristiques haut de gamme», constate Tay Xiaohan, analyste chez IDC.

Il a fallu pour gagner en reconnaissance faire un effort sur le design, même si Xiaomi se voit reprocher la ressemblance de son appareil Mi4 avec l’iPhone 5.

De même, les présentations de produits de son cofondateur, Lei Jun, vêtu d’un polo noir sur scène et n’hésitant pas à lancer «One last thing…» comme le faisait Steve Jobs, sont copiées sur celles d’Apple. Mais le groupe a su innover en cassant les prix, en vendant uniquement en ligne, et en misant sur le bouche-à-oreille davantage que sur d’onéreuses campagnes de publicité.

De nouveaux acteurs

D’autres acteurs locaux, aux noms encore inconnus en Europe, parviennent eux aussi à s’extirper de l’image de mauvaise qualité qui leur collait à la peau. «Des constructeurs tels que Oppo et Vivo travaillent depuis plusieurs années sur leur reconnaissance de marque. Leurs appareils phares ont des caractéristiques techniques proches du Galaxy 5, tandis que leurs prix sont inférieurs de 1000 yuans, voire plus», constate Wang Jingwen, du cabinet Canalys.