Dans le tourbillon des scandales qui inondent l’actualité, on se demande, à notre échelle personnelle, comment réagir pour exprimer notre désapprobation. Nous pouvons d’abord agir en tant que citoyen. Un exemple parlant? Swissgrid qui serait prêt à implanter une ligne à très haute tension à quelques dizaines de mètres seulement d’une école de plus de 600 élèves en Valais. Dans la pesée des intérêts, la santé de nos enfants ne vaut que peu au regard des enjeux économiques. Belle éthique! Et que font nos politiciens? Pas grand chose jusqu’ici. Voire pire: le président du village de Chalais, ardent défenseur de ce projet, a même l’hypocrisie de se faire passer pour le sauveur de son village, sans bien sûr relever qu’il est payé par le lobby électrique et donc englué dans un conflit d’intérêts digne de la FIFA. Que pouvons nous faire pour qu’un minimum d’éthique prévale? Tout d’abord, soyons des élec-acteurs, et dégommons ces politiciens malhonnêtes qui défendent leurs intérêts personnels avant les nôtres. Soyons aussi des concitoyens-acteurs, comme ces cinq mamans qui refusent de voir leurs enfants exposés à ces champs électriques, et qui, en réunissant plus de 3'000 signatures, sont déjà en train de faire trembler le tout-puissant Swissgrid. En tant que consomm-acteur également, nous devons agir. Le scandale VW nous offre une occasion de dénoncer, par nos actes d’achat, les entreprises sans scrupule. Pouvons-nous décemment continuer à cautionner une marque qui bafoue tous les principes éthiques élémentaires? Comme proposé par la FRC, réunissons-nous, et assurons-nous que les pénalités à payer soient suffisamment importantes pour dissuader toute velléité future de tricherie. Nous pouvons aussi agir en tant que collabor-acteur.

Chez VW et Bosch, plusieurs dizaines d’employés étaient au courant de la tricherie et se sont tus. Où sont les relais internes qui auraient dû être activés à temps? La fonction RH dispose ici d’une opportunité de s’affirmer comme garant de l’éthique en entreprise. C’est à elle de mettre en place les dispositifs nécessaires pour prévenir ces graves manquements et construire la confiance nécessaire pour que de tels agissements puissent remonter jusqu’à elle. Les RH doivent-elles elles jouer le rôle du curé-confesseur en entreprise? C’est en tout cas à elles, en collaboration avec le juridique, que revient le devoir de protéger l’entreprise des agissements frauduleux. Elles doivent mettre en place le cadre, les normes, et les dispositifs de gouvernance de l’éthique au travers du recrutement, de la gestion de la performance et des promotions. Lors du recrutement aussi nous pouvons être des collabor-acteurs, en utilisant les nouvelles technologies, pour nous informer de la réalité d’une entreprise et de son éthique. Longtemps, la prise de références était l’apanage de l’employeur. Plus maintenant. Rien de plus facile aujourd’hui que d’identifier, à travers LinkedIn, des ex-employés de l’entreprise qui nous intéressent, et les contacter pour mieux connaître les pratiques réelles. Des sites comme Glassdoor ou Kununu vont plus loin, car ils recueillent les évaluations des employés sur leur organisation, et permettent ainsi de créer une transparence bienvenue sur la vie des entreprises, leurs bons côtés, mais aussi leurs excès. Le XXIème sera éthique, ou ne sera pas. Il doit de toute évidence encore le devenir, et nous pouvons être des acteurs de ce changement.