Internet

Yahoo! cède ses activités centrales à Verizon

L'opérateur télécom déboursera 4,8 milliards pour le précurseur du web, qui n'a jamais réussi à enrayer le déclin des dernières années. Aux côtés d'AOL, le rapprochement a du sens, selon des analystes.

Le nouveau propriétaire sera donc Verizon et il déboursera 4,8 milliards de dollars pour s’attribuer sa proie. Lundi, et après des mois de rumeurs et de spéculations, le destin des activités internet de Yahoo! a finalement été scellé, elles rejoindront l’opérateur télécoms américain. Il y aurait eu jusqu’à 40 prétendants. Mais Verizon était un des rares à s’être officiellement annoncé.

Ce pionnier du web, start-up sortie il y a 22 ans de l’Université de Stanford, rejoindra une autre étoile déchue de la technologie américaine, AOL, racheté l’an dernier par Verizon. «C’est poétique de s’unir avec AOL et Verizon alors que nous entamons un nouveau chapitre centré sur les économies d’échelle et le mobile», a souligné Marissa Mayer, la directrice générale de Yahoo!.

La responsable, depuis quatre ans chez Yahoo, compte rester, a-t-elle ajouté sur un post de blog expliquant la décision. Et cela, au terme du rachat qui devrait être bouclé en 2017, contrairement à ce que pratiquement tous les médias américains annonçaient lundi…

Pour celle qui devait faire revenir l’ancien fleuron au niveau de Google ou Facebook, le rachat «présente des opportunités excitantes pour accélérer la transformation de Yahoo», a-t-elle encore expliqué. Un objectif qu’elle devait initialement atteindre en restant une société indépendante. Pourtant, cette ancienne responsable de Google a été forcée de constater que les deux groupes californiens continuent de lui ravir de plus grandes parts du marché publicitaire.

Yahoo!, dont la valeur boursière atteignait vendredi soir 37 milliards, se décompose en trois parties: ses activités centrales cédées à Verizon – le moteur de recherche, les informations, le service de courrier électronique et les données financières –, Yahoo Japan et les parts que le groupe détient dans Alibaba, le géant chinois de l’internet. Ces dernières entités seront réunies dans une société d’investissement, dont le nom n’a pas été annoncé.

L’arrivée de Marissa Mayer avait suscité beaucoup d’espoirs

Dépassé par Google et Facebook, Yahoo! draine tout de même un milliard d’utilisateurs par mois. Pour certains analystes, la réunion d’AOL et Yahoo a du sens notamment pour les services d’informations. AOL détient notamment le Huffington Post et le site spécialisé dans la technologie TechCrunch. Réunies, les deux entités seraient plus attractives pour les annonceurs.

Yahoo!, l’un des pionniers du web, avait été valorisée jusqu’à 100 milliards lors de la bulle internet. En 2008, Microsoft avait tenté de l’acquérir, proposant 47 milliards. Mais son déclin n’a jamais pu être enrayé. L’arrivée de Marissa Mayer à la tête de Yahoo! avait suscité beaucoup d’espoirs notamment avec le projet de développer des plateformes mobiles, la vidéo, etc. Mais, quatre ans plus tard, le groupe essuie toujours des pertes: selon les résultats publiés la semaine dernière pour le deuxième trimestre, les revenus ont encore chuté de 20% sur un an. La fronde des actionnaires n’a ainsi cessé de gronder, exerçant toujours plus de pression sur la directrice générale.

Entre cessions d’actifs considérés comme non-stratégiques, rachats (dont celui de Tumblr, le site de blogging, qui s’est révélé un échec), et restructurations, le nombre d’employés a également chuté. A 8800 à la fin du dernier trimestre, il a atteint son plus bas niveau en dix ans.

Yahoo! a senti certaines tendances. Le groupe a investi fin 2014 dans Snapchat, le réseau social qui cartonne auprès des jeunes avec ses images et vidéos éphémères. Mais, comme le soulignait un commentateur acerbe de la presse américaine: «Yahoo! aurait mieux fait d’y penser et de le créer lui-même».


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