Une action divisée par trois depuis son plus haut de l'année, plus de 10% de ses employés dans l'attente d'une lettre de licenciement et de gros soucis pour son partenariat avec Google: les déboires de Yahoo! se poursuivent. Débarrassé depuis juin de l'offre hostile d'achat de Microsoft, le portail internet tente par tous les moyens de se relancer, alors que la croissance globale des revenus publicitaires faiblit.

Ainsi, selon plusieurs sources citées par la presse américaine, Yahoo! et AOL Time Warner viennent d'entamer de sérieuses discussions en vue d'une fusion. Ou plutôt de recommencer ces discussions, une série de pourparlers ayant avorté début 2008. Selon les premières indications, Yahoo! intégrerait les divisions «contenu» et «publicité» en son sein, alors que Time Warner recevrait une part du capital de Yahoo!. Cette opération, si elle devait se réaliser, ne convainc pas plusieurs analystes, qui voient d'un mauvais œil la fusion de deux sociétés en petite forme. AOL Time Warner n'a jamais réussi à fusionner de façon efficace ses activités internet et télévision.

Nouvelle offre

De son côté, Yahoo!, qui comptera bientôt 1500 employés de moins, fait toujours pâle figure face aux résultats de Google. Ses publicités standards risquent de souffrir de la crise actuelle, alors que les annonces textuelles de son concurrent, dont la performance peut être mieux mesurée, devraient continuer à progresser.

L'autre souci pour Yahoo!, c'est que son accord signé en juin avec Google - au terme duquel il sous-traitera une partie de ses publicités à son concurrent - n'est toujours pas entré en vigueur. Des parlementaires américains et des associations de défense des consommateurs s'opposent à cet accord car ils craignent une baisse de la concurrence sur ce marché. Or Yahoo! espérait retirer 800 millions de dollars par an de cet accord.

De son côté, Microsoft attend. Début 2008, il offrait 31, puis 33 dollars par action de Yahoo!. Elle n'en vaut plus que 12,5. Un récent lapsus de Steve Ballmer, directeur de Microsoft, laisse penser que le groupe pourrait lancer une nouvelle offre d'ici à la fin de l'année.