La baisse rapide du yen commence à faire débat au Japon

Pour la première fois depuis le mois d’août 2008, la devise japonaise est tombée, ce matin, sous la barre symbolique des 110 yens contre un dollar, poursuivant ainsi un spectaculaire mouvement baissier enclenché à l’automne 2012.

Ce recul alimenté conjointement par le resserrement de la politique monétaire américaine et par la stratégie d’assouplissement quantitatif orchestrée, à l’inverse, par la Banque du Japon est jugé bénéfique par le gouvernement du premier ministre Shinzo Abe. Mais également par les grands groupes japonais, qui assistent grâce à cette dépréciation à une poussée comptable de la valeur de leurs revenus réalisés à l’étranger dans d’autres devises. A ventes égales, les profits des groupes apparaissent mathématiquement plus importants.

La baisse rapide du yen commence toutefois à faire débat au Japon. Elle n’a d’abord pas permis de doper les envois à l’étranger de produits «made in Japan» comme les théoriciens du gouvernement l’avaient promis. Les exportations réelles sont ainsi en baisse dans le pays. Par ailleurs, le yen faible renchérit la facture de toutes les importations.

Il pénalise les groupes achetant massivement des composants ou des marchandises à l’étranger et fait souffrir les ménages qui voient valser les étiquettes de nombre de produits de leur quotidien.

Piégé entre Apple et Xiaomi, Samsung recrute moins

C’est le rêve de chaque famille sud-coréenne. Réussir à placer l’un de ses enfants dans les bureaux du prestigieux Samsung Electronics. Jusqu’ici, le géant mondial de l’électronique recrutait chaque année, en Corée du Sud, près de 4000 étudiants fraîchement diplômés et sans expérience afin de leur faire intégrer son propre réseau de formation et de les transformer en cadres parfaits.

Mais cette année, ce «Graal» sera plus difficile à saisir. L’entreprise a indiqué qu’elle ne recruterait finalement en 2014 qu’entre 2500 et 3000 jeunes diplômés. Un recul qui n’avait pas été constaté depuis 2008 dans le groupe et qui ajoute aux angoisses des étudiants, déjà confrontés aux inquiétudes économiques des autres grands «chaebols» – conglomérats – du pays. Le constructeur automobile Hyundai Motors mais également LG ont déjà indiqué qu’ils intégreraient cette année beaucoup d’étudiants qu’auparavant.

Pour justifier la baisse des embauches de jeunes, un cadre de Samsung Electronics, interrogé par le quotidien sud-coréen Joongang Daily, pointe le recul des profits de la division mobile de son groupe, qui est concurrencée sur le milieu de gamme par les producteurs de smartphones chinois et indiens et sur le haut de gamme par Apple qui vient grignoter avec ses nouveaux iPhone 6 de très grande taille un marché de la «phablet» que Samsung contrôlait jusqu’ici très largement.

Le brutal recul de la consommation dans le pays, constaté depuis le dramatique naufrage en direct du Sewol en avril dernier, pousse, par ailleurs, les groupes à réexaminer leurs prévisions de croissance et a contraint nombre de directions à revoir à la baisse leurs projets de recrutement.

Shanghai devient trop cher pour Honda

Selon le quotidien économique Nikkei, le groupe japonais Honda aurait décidé de fermer l’usine de fabrication de motos qu’il opère actuellement en coentreprise avec le groupe chinois Sundiro à Shanghai. Cherchant à réduire ses coûts, le constructeur nippon aurait décidé de relocaliser, avec son partenaire, sa production sur un nouveau site situé dans le Jiangsu, une province où les terrains et les salaires sont légèrement moins élevés.

La construction d’une nouvelle usine, qui regroupera les ateliers de production de moteurs et les chaînes d’assemblage des deux-roues, qui sont aujourd’hui effectués sur des sites distincts, devrait nécessiter un investissement de 11,4 milliards de yens (82 millions d’euros). Le nouveau site devrait être inauguré début 2017 et devrait être en mesure de produire 600 000 véhicules par an.