Basé à Bulle (FR), le groupe de prêt-à-porter féminin Yendi s'étend pour la première fois à l'étranger. Il ouvre en mai un premier magasin en France, à Mulhouse, écrit la Liberté de vendredi. Yendi emploie près de 300 personnes en Suisse.

Fondé en 1976 à Bulle, le groupe est entièrement en mains de ses créateurs gruériens, Patricia et Noël Wicht. Il ne communique pas de chiffres. «Nos finances sont très saines, nous sommes profitables, totalement autofinancés et entendons le rester», précise Sandra Zumsteg, directrice des ressources humaines, interrogée par Le Temps. Une ouverture du capital semble donc totalement exclue pour l'instant.

Au fil des années, Yendi a ouvert 34 magasins en Suisse romande, 13 en Suisse alémanique et 2 au Tessin. «Notre objectif est d'équilibrer le nombre de boutiques dans les deux grandes régions linguistiques du pays», ajoute Sandra Zumsteg. A terme, la chaîne veut disposer de 80 points de vente en Suisse.

Production à Paris et en Asie

Le groupe fait produire 60% de ses modèles à Paris dans le quartier du Sentier, et le reste en Asie. Comment l'entreprise bulloise a-t-elle réussi à se faire une place au soleil dans un secteur où la concurrence est forte? «Notre concept repose sur un rapport qualité/prix favorable pour des articles de mode», répond Sandra Zumsteg. Yendi propose trois collections destinées à des clientèles bien segmentées selon l'âge: tendance jeune et branchée d'un côté, femmes mûres de l'autre. Le renouvellement constant des collections, alors que d'autres se contentaient de deux présentations par an, a fait partie de la stratégie dès le début.

Pour préparer son expansion, Yendi a changé de structure et s'est constituée en holding. Le magasin de Mulhouse sera ouvert à l'enseigne de Yendi France Distribution. En s'étendant, l'entreprise bulloise fait également un pas du côté de la création. Au lieu d'acheter tous ses modèles à des tiers comme elle le faisait jusqu'ici, elle a fondé une nouvelle société à Paris, Yendi Paris Création. Active depuis le début de l'année, celle-ci dessine désormais la plupart des nouveaux habits de la chaîne. Elle emploie actuellement trois personnes. «Nous étions déjà présents dans la capitale française, l'ouverture d'un atelier de design s'inscrit dans une logique», dit Sandra Zumsteg.

Yendi ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. «Nous devrions créer très rapidement d'autres magasins en France», indique la porte-parole.