Un tribunal fédéral de San Francisco a ordonné à Google de fournir au géant des médias Viacom des données sur les utilisateurs de YouTube, le site de partage de vidéos, filiale de Google.

Ce jugement intervient dans le cadre d'un procès lancé il y a un an par Viacom, qui accuse YouTube de violations massives des droits de la propriété intellectuelle en laissant des utilisateurs mettre en ligne sur YouTube des vidéos de Viacom. Viacom possède notamment MTV et Paramount Pictures.

»Nous sommes déçus que le tribunal ait positivement répondu à la demande de Viacom de pouvoir avoir accès à l'historique» des connexions des utilisateurs, a indiqué jeudi à l'AFP une responsable juridique de Google, Catherine Lacavera.

Google devra fournir à Viacom les codes d'entrée des utilisateurs de YouTube et leur protocole IP permettant d'identifier de quel ordinateur ils visionnent les vidéos. Le juge Louis Stanton, dont le jugement a été notifié mardi dernier, a en outre demandé à Google de donner à Viacom une copie des millions de vidéos qui ont été enlevées du site de YouTube, ce qui fait dire aux observateurs que Viacom cherche à obtenir de Google les droits des vidéos utilisées sur son site.

L'Electronic Frontier Foundation (EFF), association qui défend les libertés individuelles sur Internet, a tiré la sonnette d'alarme, et dénoncé un grave manquement à la protection de la vie privée. «Le jugement erroné formulé par la Cour est un retour en arrière pour les droits à la vie privée, et permettra à Viacom de voir tout ce que vous consultez sur YouTube. Nous demandons à Viacom de revenir sur cette requête disproportionnée et à Google de prendre toutes les mesures nécessaires pour remettre en question cette décision et défendre les droits de ses utilisateurs», a demandé l'EFF.

Un milliard de dollars

En mars 2007, Viacom avait attaqué Google en justice en raison des nombreux soumis au copyright diffusés sur la plateforme YouTube. Viacom affirme alors que plus de 160000 vidéos réalisées à partir de ses programmes ont été mis en ligne sur YouTube, pour un total de plus de 1,5 milliard de consultations par les internautes. Le groupe réclame alors un milliard de dollars en guise de dédommagement.