La saignée continue dans l’horlogerie. La manufacture horlogère locloise Zenith, filiale du géant français du luxe LVMH, va supprimer environ 70 emplois sur 250, a indiqué mardi au Temps une porte-parole de la société, confirmant une information parue dans l’Est républicain. L’entreprise avait déjà biffé 24 postes en janvier dernier.

«Tous les secteurs de l’entreprise seront touchés, à tous les niveaux hiérarchiques», a précisé la porte-parole. Zenith justifie sa décision par les «grandes difficultés que traverse l’industrie horlogère». Le personnel a été informé lundi de cette nouvelle restructuration, qui a été précédée de multiples rumeurs évoquant des suppressions de postes pouvant grimper jusqu’à 120. Secrétaire syndical chez Unia, Eric Thévenaz confirme à ce titre qu’un tel scénario a bel et bien été envisagé par Zenith.

La société ne dévoile pas le détail chiffré de ses activités, mais les analystes évaluent le chiffre d’affaires 2008 à plus de 100 millions de francs pour environ 10 000 montres produites. Quel est le recul actuel des ses activités? Silence radio. La seule indication que fournit la porte-parole renvoie aux données consolidées du groupe LVMH, dont les ventes trimestrielles dans la division horlogerie et joaillerie étaient ressorties à -27% au premier trimestre, sur un an.

Contrairement à de nombreuses autres sociétés horlogères, Zenith n’avait pas demandé de mesures de chômage partiel ces derniers mois. «Si vraiment la situation ne s’améliore pas, nous pourrions en discuter ces prochains mois», concède aujourd’hui la porte-parole.

Zenith vient de changer de patron. Le démissionnaire Thierry Nataf a été remplacé le 1er juin par Jean-Frédéric Dufour, ancien de Chopard et de Roger Dubuis. Le redimensionnement des activités de la marque locloise constitue ainsi sa première décision d’envergure.

A noter que les licenciements de Zenith s’inscrivent dans un contexte très sombre pour toute l’industrie horlogère, dont les exportations s’effondrent d’un quart depuis le début de l’année. D’autres entreprises sont actuellement en train d’examiner une possible cure d’amaigrissement. Selon des sources syndicales, le groupe neuchâtelois Metalor prépare ainsi la suppression d’une cinquantaine de postes dans sa division montres. La semaine dernière, le Genevois Frank Muller a indiqué qu’il biffait un poste sur deux, ramenant ses effectifs à quelque 250 personnes.