Lorsque l'on aborde la notion d'informatique bancaire, deux éléments ressortent d'emblée. Premièrement, la complexité et le volume sans cesse croissants des opérations placent les technologies de l'information (IT) au cœur de l'entreprise. Deuxièmement, les développements continuels nécessaires pour faire évoluer les fonctionnalités, gérer le parc informatique et renouveler les infrastructures impliquent des investissements très lourds. Dès lors, de manière cyclique, des réflexions fondamentales se posent sur ce sujet vital de leur fonctionnement.

La Banque Cantonale Vaudoise (BCV) n'y échappe pas. Elle a initié dès le passage de l'an 2000 une vaste réflexion sur son système d'information Osiris. Celle-ci s'est accélérée après l'annonce du retrait des partenaires historiques de la société Unicible, créée au début des années 1990.

Trois variantes se présentaient: la voie solitaire via une plateforme propre, l'achat et le développement d'une solution du marché ou l'axe de la collaboration avec un partenaire bancaire. C'est cette dernière solution qui a été retenue, en allant toutefois au-delà du simple partenariat informatique: la création avec la Zürcher Kantonalbank (ZKB) d'une société commune gérant à la fois l'IT et les back-offices.

C'est dans cette dimension back-office que se trouve la principale innovation du partenariat. En effet, aujourd'hui, l'outsourcing est adopté par de nombreuses banques suisses; par contre, au niveau des processus back-office, l'approche consistant à travailler sur des bases largement identiques va permettre aux deux partenaires d'augmenter le professionnalisme et l'efficacité de ces services externalisés.

Ainsi, dès 2011, la future société commune, dont le chiffre d'affaires sera d'environ 350 millions de francs par an, emploiera près de 1300 collaborateurs sur deux sites: environ 1050 au siège à Zurich et quelque 250 à Lausanne. La société verra le jour sous la forme d'un «joint-venture». Le capital sera détenu à 65% par la ZKB et 35% par la BCV.

Pour la BCV, cette création présente de nombreux avantages. Moyennant une migration dont le coût est estimé entre 120 et 150 millions de francs, la banque bénéficiera de la plateforme IT très modulaire et évolutive de la ZKB, dans laquelle celle-ci investit des moyens considérables. Les synergies devraient permettre des économies de l'ordre de 20%, ainsi que l'augmentation de la capacité d'investissement dans l'informatique.

En choisissant cette option, la BCV évite ainsi un investissement de plusieurs centaines de millions et diminue ses coûts récurrents annuels tout en disposant d'une solution informatique au goût du jour. De son côté, la BCZ bénéficiera d'une réduction de ses coûts liée aux effets d'échelle ainsi que d'un effet de levier sur les investissements consentis dans le développement de sa plateforme.

Dans la foulée, il était également important de pérenniser le savoir faire d'Unicible et de ses collaborateurs. Chose faite, puisque ses activités ont été transférées à IBM Suisse à la mi-2007 en vue de créer, à Lausanne, un centre de compétences informatiques bancaires d'envergure nationale. A noter que c'est cette société qui gère l'informatique de la BCV jusqu'à la mise en commun complète avec la ZKB et qui l'accompagnera dans la migration sur la nouvelle plateforme.

Pour mettre sur pied la société commune et les projets de migration, un programme a été lancé de part et d'autre de la Sarine. Depuis septembre 2007, pas moins de 200 cadres et collaborateurs des deux banques s'activent quotidiennement. Cette phase consiste essentiellement à approfondir les impacts sur le travail au quotidien de la future utilisation des outils de la ZKB par la BCV, ainsi qu'à identifier les écarts éventuels à combler. Elle permet également aux deux banques de se comparer, au plan des processus de travail et au niveau culturel. En parallèle, d'importantes activités se déroulent en vue de constituer puis d'assurer le fonctionnement de la future société commune, afin qu'elle délivre des services de qualité au meilleur coût.

A ce stade, le planning est tenu et, une fois la migration de la BCV digérée, la société de services pourra s'ouvrir à d'autres banques dans le marché en fort développement des services bancaires IT et back-office.