Conjoncture

La zone euro s'enfonce dans la morosité

Bruxelles a revu une nouvelle fois à la baisse ses prévisions de croissance pour 2019 et 2020. Emmanuel Macron appelle à augmenter les dépenses publiques pour aider l’activité

Emmanuel Macron a critiqué jeudi le Pacte de stabilité et de croissance, qui limite le déficit public des pays de la zone euro à 3% du produit intérieur brut (PIB). Dans une interview publiée par The Economist, le président français affirme que «cette limite relève d’un autre siècle».

«Les Chinois investissement massivement et les Etats-Unis creusent le déficit pour financer des secteurs stratégiques et relancer le pouvoir d’achat des classes moyennes, a poursuivi Emmanuel Macron. Nous avons besoin de plus d’expansionnisme budgétaire, de plus d’investissements. L’Europe ne peut pas être la seule zone à ne pas le faire.»

«Environnement extérieur défavorable»

Le coup de gueule du président français coïncide avec la publication jeudi des prévisions conjoncturelles pour la zone euro pour 2019 et 2020. La Commission européenne les a revues à la baisse «en raison d’un environnement extérieur beaucoup moins favorable». Désormais, Bruxelles prévoit une croissance de 1,1% du PIB dans la zone euro en 2019 et de 1,2% en 2020. A titre de comparaison, la croissance moyenne mondiale sera de 3% cette année.

Lire aussi: Comment la guerre commerciale a cassé la croissance

La Commission a dès lors, comme la BCE, le FMI et l’OCDE, demandé à ses Etats membres qui le peuvent de casser leur tirelire et de financer des projets en vue de donner une impulsion à la création d’emplois, à la consommation et, in fine, à la croissance.

Un appel à peine voilé à l’Allemagne pour qu’elle augmente ses dépenses publiques. D’autant plus que sa propre croissance est plus faible que la moyenne de la zone euro: 0,4% en 2019 et 1% en 2020. Et ce n’est pas la seule mauvaise nouvelle. Selon des chiffres publiés jeudi à Berlin, la production industrielle a reculé de 0,6% en septembre. Pour de nombreux économistes, l’économie allemande, après avoir reculé de 0,1% au deuxième trimestre, devrait suivre la même trajectoire au troisième et ainsi entrer techniquement en récession.

Le gouvernement allemand prend ce recul au sérieux, mais son ministre des Finances, Olaf Scholz, a été catégorique jeudi: il n’envisage pas de plan de relance, histoire de poursuivre une politique budgétaire prudente.

Publicité