Le CSEM (Centre suisse d’électronique et de microtechnique) s’attaque à l’efficacité énergétique des bâtiments et quartiers grâce à son implication dans les projets européens Ambassador ou Tribute. Doté d’un budget de 10 millions d’euros (12 millions de francs), Ambassor réunira mercredi et jeudi à Neuchâtel plusieurs sociétés, dont les PME Suissed, Planair, Neurobat ou Amires. Elles participent toutes à ce consortium européen qui compte au total 14 partenaires coordonnés par l’entreprise française Schneider Electric.

Trois sites tests

Le but du projet Ambassador est de développer un système permettant d’optimiser la gestion de l’énergie thermique et électrique d’un quartier d’habitations et de bureaux. «Il sera validé sur trois sites tests situés en Grèce, en France et au Royaume-Uni d’ici à 2015, explique Emmanuel Onillon, chef du projet au CSEM. Nous espérons réduire la consommation énergétique (thermique et électrique) des bâtiments de 15 à 20% par année grâce à une optimisation de la production, de la consommation et du stockage. A cet effet, nous développons des algorithmes spécifiques capables d’anticiper l’évolution de la consommation et de la production énergétiques sur 24 heures.» Toute une série de capteurs équiperont les bâtiments des quartiers tests et permettront de mesurer aussi bien le niveau d’ensoleillement, la température, les prévisions météo, le niveau de production ou de consommation d’énergie.

Optimiser les coûts

Le projet veut développer un système permettant d’optimiser les coûts (en francs, en énergie primaire et/ou en termes d’émission carbone) de l’énergie à l’intérieur d’un quartier grâce à une meilleure anticipation. «Les économies d’énergie pourront se vendre et s’acheter tout comme la production d’électricité», explique Olivier Cottet, directeur de la stratégie et de la technologie chez Schneider Electric et directeur marketing des projets de recherche.

Toujours dans le domaine de l’énergie, Schneider Electric et le CSEM pilotent un autre projet européen, dénommé Tribute. Celui-ci vise à améliorer la performance énergétique des bâtiments en Europe en modélisant leur comportement. «Actuellement, nous ignorons ce que des travaux de rénovation permettront d’économiser en matière de consommation d’énergie. Cette méconnaissance freine certains investissements», constate Olivier Cottet.

«Nous voulons comprendre comment, par exemple, l’isolation d’une habitation ou les cadres de fenêtre se dégradent en fonction du temps, explique Emmanuel Onillon. Le but étant de pouvoir mesurer l’écart entre les performances annoncées et les performances réelles. Le projet permettra à terme de combler cet écart de performance et d’adapter les techniques des bâtiments de façon optimale pour assurer la meilleure performance énergétique possible.»