C’est un vent de colère qui a accueilli la nouvelle, la semaine passée, de la censure effectuée par Zoom en lien avec la Chine. Le service de vidéoconférence a admis avoir temporairement fermé le compte de militants qui avaient osé commémorer la répression meurtrière chinoise de Tiananmen. L’organisation Humanitarian China a ainsi vu son compte temporairement suspendu par la société américaine. Motif: des militants des droits humains – pourtant installés aux Etats-Unis – avaient utilisé Zoom pour réunir plus de 250 personnes afin de se souvenir du massacre survenu dans la nuit du 3 au 4 juin 1989.

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Zoom est-il à la solde de la censure chinoise? Oui, et la firme américaine le reconnaît sans vergogne. «Quand une rencontre est organisée à travers plusieurs pays, les participants dans ces pays doivent respecter leurs lois locales respectives», s’est justifiée la société, qui est même allée plus loin. Zoom a expliqué qu’elle «aurait dû anticiper la nécessité de bloquer les participants par pays», ce qui aurait permis à la réunion vidéo de se tenir sans souci. Mais surtout sans la participation d’internautes basés en Chine.

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Choquante à première vue, cette soumission de Zoom aux injonctions de Pékin n’a pourtant rien de surprenant. La jeune société n’est que la dernière entreprise high-tech à obéir à la dictature chinoise. Apple, qui vend beaucoup d’iPhone dans le pays, avait récemment interdit une application en lien avec les manifestations de Hongkong. Microsoft avait lancé une version spéciale de Skype en Chine, intégrant un système de censure de plus d’un millier de mots. Twitter et Facebook ne sont pas actifs dans le pays. Google a quitté ce marché au milieu des années 2000 à cause de la censure – mais sa direction a songé à y revenir avec une version édulcorée de ses services.

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Inutile donc de s’acharner sur Zoom. La société n’est que le reflet de l’implacable censure de Pékin, qui met à genoux toutes les sociétés étrangères dont les services pourraient offrir un peu de liberté d’expression aux Chinois.