«Non, le canton de Zurich ne va pas vendre ses participations dans Axpo», a déclaré d’emblée mercredi Markus Kägi, membre de l’exécutif zurichois, soucieux de couper court aux spéculations à propos d’une éventuelle cession des parts du canton dans le groupe énergétique.

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Parallèlement à la publication de ses résultats annuels 2015/16, le géant suisse de l’électricité a annoncé d'une part une réorganisation de ses activités. D’autre part, les relations avec ses principaux actionnaires zurichois et argovien seront redéfinies. Plus du tiers du capital d’Axpo est en mains zurichoises (18,34% pour le canton de Zurich, 18,41% pour l’entreprise cantonale EWZ), tandis qu’une part de 28% revient à l’Argovie (13,97% pour le canton d’Argovie et 14,03% pour AEW Energie).

Pas de rôle stratégique pour l’approvisionnement en électricité

Contrairement à la situation qui prévalait lors de la création de la société alors appelée NOK en 1914, «la participation dans Axpo n’a plus de signification stratégique pour l’approvisionnement du canton de Zurich», a poursuivi Markus Kägi, lors d’une conférence de presse organisée mercredi après-midi à Zurich. Dans ce contexte, les représentants des EWZ et du canton de Zurich ont présenté différentes mesures.

Premièrement, il ne sera plus possible pour des membres du conseil d’administration d’Axpo et des EWZ d’exercer un double mandat dans ces entreprises, celles-ci étant parfois concurrentes. Deuxièmement, les propriétaires d’Axpo, les cantons et entreprises qui y sont liés, ont décidé de «dépolitiser» le conseil d’administration. Ses membres seront sélectionnés uniquement en raison de leur expertise dans le domaine. Enfin, le contrat d’origine régissant les NOK sera remplacé par une convention d’actionnaires «contemporaine».

Perte de 1,25 milliard de francs

Ces annonces interviennent dans un contexte tendu pour Axpo. En tout, les correctifs de valeur ont atteint 1,6 milliard de francs durant le dernier exercice 2015/16 clos à fin septembre. La perte du groupe s’est creusée à 1,25 milliard de francs, contre 990 millions un an plus tôt. Son chiffre d’affaires a, lui, reculé à 5,41 milliards, contre 5,86 milliards durant l’exercice précédant.

Une nouvelle unité d’affaires, présentée sous le nom de Axpo Solutions, sera créée d’ici à 2019. Son capital sera ouvert à des investisseurs tiers. L’unité doit notamment «ouvrir de nouvelles possibilités de croissance dans le portefeuille des parcs éoliens et dans les nouvelles solutions innovantes pour la clientèle», indique Axpo. «Une présence décentralisée, la vitesse et l’agilité sont des aspects essentiels dans le domaine des énergies renouvelables et pour les activités avec la clientèle», a souligné Andrew Walo, le directeur d’Axpo.

Pour Greenpeace, il faut d’abord régler la question du nucléaire

«Le regroupement des domaines d’activités lucratifs, comme les énergies renouvelables, dans une nouvelle entité nommée Axpo Solutions peut être un début mais ne répond pas à la question de l’avenir des centrales nucléaires qui, elles, ne sont pas rentables», a souligné Stefan Füglister, spécialiste du nucléaire chez Greenpeace dans une prise de position. «On ne peut pas accepter qu’avec sa nouvelle entité entrepreneuriale Axpo attire de nouveaux investisseurs mais transfère ses dettes aux cantons et aux contribuables», a-t-il conclu.