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Facebook n'aurait pas pu se développer à Zurich avec l'imposition en vigueur jusqu'ici. 
© JUSTIN TALLIS

Impôt

Zurich assouplit sa fiscalité des start-up

Il y a quelques mois, un rapport avait créé l’émoi en soulignant l’imposition jugée trop dure pour les nouvelles entreprises

Zurich pourrait avoir son Facebook. Ou, du moins, les conditions pour le créer et le faire prospérer s’améliorent. En juin dernier, une étude du cabinet de consultants KPMG avait provoqué l’émoi: la fiscalité des start-up dans le canton est telle que le réseau social aurait été stoppé dans son envol.

Selon les calculs de l’un de leurs experts, si Facebook avait été créé à Zurich, Mark Zuckerberg aurait dû débourser plus de 285,5 millions de francs d’impôts, dont 9 millions dès la quatrième année d’existence. A un moment où dans le cas précis, l’entreprise manquait justement de liquidités.

«Meilleures conditions»

Depuis, le canton a révisé sa fiscalité des start-up. Dans un communiqué envoyé mardi matin, la direction des Finances a voulu proposer de «meilleures conditions pour les start-up». La plupart des cantons suisses calculent l’impôt à partir de la valeur intrinsèque d’une entreprise, autrement dit la valeur de substance de ses actions. Or, jusqu’ici, Zurich faisait exception en imposant les start-up sur leur valeur vénale ou de marché. Pour ce faire, les derniers tours de financement servaient de base. Or, pour les critiques, il s’agit d’une valeur virtuelle, puisque cette valorisation décrit les espoirs de bénéfices futurs et non la situation actuelle.

Lire aussi: Le fisc zurichois aurait eu la peau de Facebook

C’est sur ce point que Zurich a donc finalement cédé, les pressions étant grandissantes ces derniers mois. Les start-up du canton seront donc imposées sur la valeur véritable des participations. La raison des changements? «L’incertitude sur la valorisation de telles sociétés est en général très grande à leurs débuts», a admis l’administration dans son communiqué.

Les lobbys satisfaits

Les milieux concernés ont immédiatement réagi à la décision. Dans un communiqué commun, la Swiss start-up Association, Swiss Finance Startups, Business Angels Schweiz, Venturelab et glp ont considéré la décision comme permettant de mettre en place les piliers d’une collaboration constructive avec la direction des Finances et ont vu l’engagement du gouvernement cantonal pour l’innovation et l’écosystème des start-up. Ces associations ont rappelé leur travail intense de lobbyisme ces derniers mois, avec l’aide de patrons d’entreprises, pour faire plier l’administration qui, en juin dernier, ne voyait pas le problème des règles spécifiques à Zurich. Désormais, pour elles, la région est à nouveau «attractive» pour les start-up.

Contacté, l’auteur du rapport de KPMG a salué la décision de changer cette pratique zurichoise. «Cette adaptation permet au propriétaire d'une start-up de continuer à garder son siège dans le canton de Zurich et qu'une success story comme Facebook puisse également s'y réaliser», a expliqué au Temps Michael Sterchi, associé de KPMG. 

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