Toute la Suisse souffre et Zurich n'échappe pas à la règle. Rien de surprenant. Le conseiller d'Etat chargé de l'Economie, Ruedi Jeker, a toutefois apporté un éclairage intéressant sur la situation de la ville, qui démontre que la dynamique de la région connaît des difficultés depuis plusieurs années déjà. Ainsi, les différents indicateurs de l'attractivité du canton baissent tendanciellement depuis 1999. C'est l'indice de croissance de la compétitivité qui a le plus chuté, Zurich passant de la cinquième à la quinzième place mondiale en deux ans. Seule la qualité de vie se maintient à son plus haut niveau.

Si l'on se penche cette fois sur l'emploi, la situation est encore plus préoccupante. La région zurichoise, avec une croissance négative depuis un an (-0,6%), se retrouve derrière le nord-ouest (+0,8%), l'Arc lémanique (+0,2%), le Mittelland (-0,2%), mais devant l'est, le centre et le Tessin. Autre statistique: à fin octobre, 4,8% de la population active recherchait un emploi, un chiffre presque deux fois plus élevé qu'il y a un an – le taux de chômage a aussi progressé, à 3,6% à la fin du mois dernier.

Le début de l'hémorragie dans les banques et les assurances, qui contribuent, selon Stephan Kux, responsable de la promotion économique, à hauteur d'un tiers à la richesse zurichoise, fait sérieusement sentir ses effets. Le nombre de demandeurs d'emploi a été multiplié par 3 dans les premières et par plus de 2,5 dans les secondes depuis janvier 2001, avec une forte accélération cette année. Ce n'est pas un hasard si les nouveaux chômeurs sont qualifiés et occupaient des positions de cadre. L'affaire Swissair, par contre, a fait moins de dégâts qu'on ne pouvait le craindre. Sur 5000 personnes licenciées, 250 seulement n'ont pas encore retrouvé d'emploi.

Améliorer les conditions-cadres

Sur les quatre dernières années, le constat n'est guère plus réjouissant. La région zurichoise, avec une croissance des emplois de 0,9% par an, se retrouve derrière la Suisse centrale, le sud-ouest, le Mittelland et en retrait par rapport à la moyenne suisse de 1,1% annuel. Certes, ces chiffres doivent être relativisés par la structure démographique du canton et la position économique prédominante de la ville qui la rend plus sensible aux aléas de la conjoncture. Mais ils inquiètent Ruedi Jeker. D'autant, souligne-t-il, que les régions concurrentes, comme le Bade-Wurtemberg et la Lombardie, ne s'endorment pas sur leurs lauriers.

Pour que Zurich se retrouve, selon ses vœux, parmi les cinq premières villes européennes, l'action politique passe par une amélioration des conditions-cadres (infrastructure, impôts), le développement de centres de compétence ou encore la promotion économique à l'échelle du Grand Zurich.