Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Une grande partie des 20 000 employés d’UBS en Suisse se trouvent encore à Zurich.
© MICHAEL BUHOLZER / AFP PHOTO

Emploi

Zurich est devenue trop chère pour les banques

Evoquant des économies de coûts, UBS prévoit de déplacer 600 emplois à Bienne et 100 à Renens. Pour beaucoup d’acteurs, cette délocalisation à l’intérieur de la Suisse, plutôt qu’à l’étranger, est une bonne nouvelle

UBS se déploie hors de Zurich. Mercredi, la banque a informé ses employés de sa décision de déplacer 600 d’entre eux, pour la plupart basés à Zurich, vers Bienne. Un bataillon supplémentaire de 100 personnes viendra également renforcer UBS à Renens, a expliqué un porte-parole de la banque, confirmant une information de la NZZ et de La Liberté. Entre 350 et 400 employés sont déjà actifs sur le site vaudois de la banque, rénové en 2016.

UBS avait déjà annoncé le développement d’un centre à Schaffhouse. Il accueillera 500 personnes à partir de septembre. L’ouverture d’un centre supplémentaire sur l’axe du Gothard est également envisagée. En Suisse, UBS emploie 20 000 personnes sur 60 000 à travers le monde.

La Suisse, plutôt que la Pologne

A Bienne, les employés s’installeront d’ici à fin 2018, voire début 2019 dans un bâtiment à proximité de la gare occupé par Swisscom. UBS avait déjà délocalisé des services, notamment informatiques et de back-office, en Pologne et en Inde. Mais cette fois, pas question d’aller aussi loin. Pour des questions réglementaires entre autres: «Certaines activités ne peuvent pas être déplacées à l’étranger, notamment pour la protection des données des clients suisses», explique un porte-parole.

En outre, «cette décision est en lien avec notre stratégie d’implantation qui vise à conserver des emplois en Suisse». Ce qui est d’autant plus important que les connaissances et l’expertise notables en Suisse dans ce secteur «ne sont pas à négliger» et ont un impact sur la qualité des services. Bienne, selon la banque, offre plusieurs atouts, dont les coûts moins élevés des loyers et des salaires, ainsi que le bilinguisme. Avec ces déplacements, l’établissement espère économiser entre 12 et 20% des frais actuels, dont il ne donne pas le montant absolu.

Lire aussi: Bienne et Renens affirment récolter les fruits de leurs efforts

Zurich est-elle devenue trop chère pour les banques? «Oui, pour tous les services qui n’ont pas une valeur ajoutée très élevée», estime Christian Bretscher, directeur de l’Association des banques zurichoises. Pour lui, cette tendance va se renforcer. Zurich restera une place financière importante, mais tous les services à faible valeur ajoutée seront déplacés «ailleurs en Suisse, je l’espère». Car, souligne-t-il, dans ce cas, la délocalisation à l’étranger a été évitée et le «signal donné par UBS est très bon pour l’économie suisse», mais il faut continuer à défendre des conditions-cadres intéressantes.

Chasse aux talents

Le manque de main-d’œuvre par rapport aux grands centres urbains n’inquiète pas. Au contraire, puisque la banque mise sur les hautes écoles de l’Arc jurassien et les universités de Fribourg, Berne et Neuchâtel pour l’alimenter ces prochaines années avec des candidats qui ne voudraient peut-être pas aller s’installer à Zurich. «D’ici à dix ans, un million de baby-boomers arriveront à la retraite en Suisse, poursuit l’établissement. Le marché de l’emploi accueillera 500 000 jeunes. La chasse aux talents sera donc toujours plus rude.»

UBS n’a pas dit quel serait le sort des employés concernés, essentiellement actifs dans l’informatique et l’administratif, «le processus de consultation avec les représentants du personnel étant en cours». Un porte-parole précise qu'«a priori l’idée est de déplacer les emplois, les gens choisissent s’ils y vont ou pas».

«Conditions correctes»

L’Association suisse des employés de banque (ASEB), qui ne prend pas part aux négociations, a néanmoins commenté la décision. Sa directrice, Denise Chervet, «salue l’effort de délocaliser en Suisse et pas à l’étranger». Mais la syndicaliste rappelle que la banque a déjà déplacé le centre de paiement de Berne à Zurich il y a quelques années et «aimerait que les responsables aient une approche à plus long terme» pour éviter trop de changements pour le personnel. L’ASEB attend également que la banque «assure des conditions correctes pour le personnel transféré et [qu’il n’y aura] pas de licenciements».

UBS n’est pas la seule banque à réduire sa présence dans les centres urbains. Plusieurs banques à Genève ont déplacé des effectifs à Chêne-Bourg ou Vernier, par exemple, pour réduire leurs coûts. Et en avril dernier, Lombard Odier a annoncé son déménagement à Bellevue d’ici à 2022.

Lire aussi l’interview de Philippe Monnier: «Les cantons ne chassent pas les entreprises dans les autres cantons»

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)