Après plusieurs cessions de tailles variables cette année (tableau ci-contre), le groupe d'assurances Zurich Financial Services (ZFS) s'attaque à des désinvestissements plus délicats dans le cadre de son recentrage sur les assurances (vie et non vie). Non seulement ceux-ci concernent des activités partielles de sa société financière Zurich Capital Market (ZCM), mais en plus, le processus devrait s'échelonner sur de longs mois. ZFS a en effet annoncé lundi la signature avec BNP Paribas d'un accord-cadre prévoyant la reprise par le groupe bancaire français de plusieurs transactions sur produits dérivés, opérations de crédits et autres actifs de ZCM.

La signature d'une lettre d'intention avait déjà été communiquée à ce sujet à fin juin. BNP Paribas endosse ainsi la responsabilité de ces transactions, ce qui implique la reprise par la banque parisienne de 60 collaborateurs basés à New York et en Irlande, «mais chaque transaction doit faire l'objet d'une évaluation et d'un accord spécifiques avant d'être finalisée», précise Claudia Stühlken, porte-parole de ZFS à Zurich. Et cette dernière de souligner que «si l'accord aboutit comme prévu, le bilan de ZFS devrait être alllégé d'un montant maximum de 4,5 milliards de dollars de dettes». Ce qui représente donc une part substantielle de ZCM. Les premiers effets comptables ne sont cependant attendus qu'au quatrième trimestre 2003.

Principal établissement de l'unité «Marchés des capitaux et activités bancaires», ZCM fournit des services à une clientèle mondiale de hedge funds, de fonds de fonds, de fonds de pension et de particuliers fortunés. L'an dernier, la société a subi de plein fouet l'évolution des marchés en essuyant une perte opérationnelle de 138 millions de dollars. Et sa restructuration a coûté 57 millions de dollars. De ce fait, les analystes saluent l'accord tout en insistant – à l'instar de Javier Lodeiro de la Banque Leu – sur le fait que le désinvestissement est encore à faire.

Selon les objectifs stratégiques fixés par son responsable opérationnel James Schiro, le groupe ZFS poursuit son recentrage sur les activités d'assurances aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Europe continentale. D'où la cession des activités de gestion d'actifs et celles qui ne peuvent dégager un rendement opérationnel (donc hors facteurs financiers et extraordinaires) des fonds propres de 12% au moins. L'objectif visant à améliorer le résultat opérationnel du groupe d'un milliard de dollars en 2003 par les seuls désinvestissements a d'ores et déjà été dépassé.

De nombreuses cessions

A la mi-juin, ZFS annonçait (Le Temps du 17 juin) un accord visant à céder le gérant de fonds britannique Threadneedle à American Express pour le prix de 744 millions de francs. Plus tôt, à fin mai, c'était la cession de Zurich Life, le dixième assureur vie des Etats-Unis, à Bank One qui était rendue publique pour un montant de 651 millions de francs (500 millions de dollars). En Suisse, le groupe ZFS a aussi procédé à diverses cessions de moindre ampleur comme celle de la banque privée zurichoise Rüd Blass, reprise par la Deutsche Bank. Le mois dernier, ZFS faisait aussi savoir que la Banque Zurich Invest Bank, fondée en 1999, serait fermée à fin 2003: une partie seulement de ses activités étant reprise par AIG Privat Bank, avec à la clé la disparition de 35 emplois sur 45.

Que reste-il dès lors à vendre pour ZFS? A cette question, les analystes se perdent en conjectures tant les activités périphériques du groupe sont encore nombreuses. Si Javier Lodeiro aurait vu d'un bon œil les cessions complètes de ZCM et de Centre, il évoque aussi des activités d'assurances en Amérique latine.