Le conseiller national Alfred Heer (UDC) menace l’Allemagne de divulguer les noms de personnalités publiques qui auraient des comptes bancaires cachés en Suisse si Berlin achetait une liste volée concernant des fraudeurs du fisc allemand en provenance de la Confédération helvétique.

«Si l’Allemagne achète des données bancaires volées, nous allons travailler en vue de modifier la loi pour que l’ensemble des comptes suisses de personnalités allemandes, qui remplissent des fonctions publiques, soient rendus public», a-t-il menacé dans le quotidien allemand Bild. «Des sources proches du secteur financier suisse disposent d’indications selon lesquelles des responsables politiques et juges allemands ont eu des comptes ou des fondations au Liechtenstein ou en Suisse», écrit ce journal, le plus lu d’Allemagne.

«Des premières informations à ce sujet nous sont d’ores et déjà proposées», a ajouté Alfred Heer.

«Compassion limitée»

Berlin a annoncé début février son intention d’acheter un CD concernant les noms de fraudeurs potentiels du fisc allemand, en provenance de la Suisse, provoquant un tollé au sein de la Confédération helvétique.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a affirmé samedi dans le quotidien Frankfurter Rundschau qu’il allait «soutenir l’acquisition» de ces données. «Ma compassion pour les gens qui fraudent régulièrement le fisc en mettant leur fortune dans un autre pays est en tout cas limitée», a-t-il dit.

Ce même journal rapporte aussi qu’un multimillionnaire allemand a déposé une plainte pour «fraude, abus de confiance et tentative de coercition» devant le parquet de Francfort (ouest) contre la direction de la filiale allemande de la banque suisse UBS.

«Je n’aurais jamais pensé que l’UBS était une maison de jeux», a déclaré au quotidien le plaignant, un grand entrepreneur resté anonyme qui accuse la banque de lui avoir proposé de frauder le fisc.

UBS a indiqué au journal avoir lancé une enquête interne et vouloir «prendre des mesures» si les accusations étaient avérées. Son directeur financier John Cryan a indiqué mardi n’avoir «pas d’information» sur un éventuel vol de données au sein de l’établissement zurichois.