La peinture «flibustière», et sarcastique, d'Elisabeth Llach, ses installations au scalpel n'hésitent pas à gêner, voire à choquer, pour faire passer un message - pour la femme, pour la vie, pour l'art. L'exposition à l'Espace de Andrés-Missirlian se focalise sur la figure d'Eve, l'audacieuse, qui transgresse les interdits et les normes du goût, et montre ses «extrémitées». Des images en camaïeu, telles des photographies bougées, d'un flou dirigé, mettent en scène cette femme acide, lucide, son regard, son corps, ce personnage prêt à tout. Les motifs ressortent, un peu flottants, en clair au sein de l'obscurité, telle la conscience à l'œuvre parmi les rêves et les cauchemars. Etrangeté, inquiétude, provocation, mais aussi tendresse et respect pour ces victimes que sont trop souvent les femmes.