Des migrants dans l’enfer vert de la forêt de Bialowieza
A la frontière polono-biélorusse, des femmes, des hommes et des enfants continuent d’espérer trouver un passage vers l’Union européenne à travers une forêt primaire, au péril de leur vie. Et ce, malgré l’érection, en 2022, d’un mur de dissuasion
On ne peut pas se noyer dans une forêt. Mais on peut y mourir de froid. Et c’est encore ce qui arrive, à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, aux personnes venues de Syrie, d’Afghanistan ou d’Afrique centrale demander en Europe le droit de travailler pour leur subsistance, ou de vivre en sécurité. Les 186 kilomètres d’acier et de barbelés, érigés là durant l’été 2022, n’auront pas suffi à les décourager. Cet hiver encore, par des températures cruellement négatives, elles et ils auront franchi, parfois à l’aide d’une échelle, ce mur de plus de 5 mètres de haut, pour atterrir, la peau déchirée, un membre brisé éventuellement, sur le sol polonais, dans la réserve naturelle de Bialowieza, la dernière forêt primaire d’Europe.
Sans nourriture, sans équipement contre le froid, et sans téléphone portable pour s’orienter, les chances d’y survivre sont à peu près aussi minces qu’en mer, sur un canot dans la tempête. Mais faute, notamment, de cohérence et de solidarité à l’échelle du Vieux-Continent, la Pologne adopte à ses frontières des méthodes de refoulement particulièrement inhumaines: après avoir pris le soin de casser leurs téléphones portables, les gardes-frontières relâchent ces personnes dans la forêt, dans la nuit la plus profonde, sans assistance ni possibilité d’en demander.
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