A l'évidence, la notion de plaisir réside au premier plan dans les domaines de la mode, du design et de l'art, ici l'art contemporain. Une exposition mène l'enquête et s'attache à dénicher le plaisir, parfois où on ne l'attend pas, sur une simple chaise, sur l'estrade d'un défilé de mode, dans le luxe, mais aussi au sein du plus grand mystère. D'envergure internationale, la présentation réunit une centaine de créateurs qui recourent à l'iconographie du plaisir, fût-il érotique, voire fétichiste…

Le plaisir peut découler simplement de la belle facture d'un objet, de l'émotion que suscite une œuvre. Deux cents pièces et installations offrent au spectateur un panorama, qui l'amène au bord de la saturation. Encore que la perception du plaisir, plus fugace et superficiel que le bonheur, varie d'un individu à l'autre. Matières sensuelles, bijoux ludiques, objets sophistiqués, maîtrise des techniques artisanales et couleurs, ces composantes contribuent à la naissance de ce curieux sentiment, le plaisir.

Le noir lui-même peut se révéler jouissif (Just in Black de Mustafa Sabbagh, 2014), tandis qu'une lampe déversera ses flots de lumière à la manière d'un sein (Tit Lamp du Studio Job, 2010) et que d'autres inventions procureront un plaisir plus trouble. Trois créateurs ont été invités à réaliser une installation plus importante: la créatrice de bijoux Betony Vernon, spécialisée dans les pièces qui font allusion au sexe, le designer Mark Woods, auteur de cabinets de curiosités très secrets, et Nika Zupanc, jeune Slovène dont le mobilier mêle glamour et esprit caustique.