C'est un principe du volet musical des Urbaines depuis quelques années: proposer des artistes dont le capital de notoriété est – ceci est une litote – en devenir. Sur la base de ce constat, le festivalier peut adopter deux attitudes, qui gagnent à être articulées l'une à l'autre: tester ses compétences culturelles en fouillant les tréfonds de sa mémoire ou du Web à la recherche de traces des très secrets artistes en lice, et/ou faire confiance les oreilles mi-ouvertes à ce qui est mis à disposition. Par ce qu'on pourrait dès lors appeler une poétique de l'attente, de l'ouverture et de la rencontre, le déambulateur des Urbaines pourra être attentif à tout ce que l'expérience matérialisera dans les domaines de la surprise, de l'inconnu, et ce, jusqu'à la délicieuse angoisse qui peut en naître: l'électronique sombre et puissante de S S S S (on pense quelques fois à Vatican Shadow, ve 5 à 23h30, Le Bourg), Niki Tiphticoglou – chez qui l'on découvre un vrai savoir lorsqu'il s'agit de démanteler l'esthétique rave pour la déverser en pièces détachées (même endroit, sa 6 dès 23h) –, l'Arte povera musical de Grauton (La Datcha, même soir à 20h) ou les performances méta-discursives de Dubais (Le Romandie, même soir à 23h30). Vous qui entrez ici, conservez toute espérance.