Mercredi 20 janvier 2021 à 12:00
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Les premières campagnes de vaccination ont démarré un peu partout dans le monde ces dernières semaines pour tenter d’enrayer la pandémie de Covid-19. Alors qu’en Suisse des voix s’élèvent pour fustiger la lenteur des autorités, des pays comme le Royaume-Uni misent sur une vaccination la plus rapide de la population, quitte à allonger le délai entre les deux injections recommandées. A l’écriture de ces lignes, la Suisse avait reçu quelque 233’000 doses du vaccin Pfizer/BioNTech. Un chiffre qui devrait passer à au moins 1,5 million d'ici février.

Mais pourquoi se vacciner aujourd’hui? Est-ce la meilleure façon de sortir de cette pandémie? Existe-t-il des risques? Un rebond de l'épidémie limiterait-il le succès des campagnes de vaccination? Quelle est la stratégie suisse? Pourquoi le Royaume-Uni a-t-il décidé d'allonger le délai entre les deux injections? Est-ce risqué?

Pour en discuter, nous avons mobilisé Claire-Anne Siegrist, professeure en médecine et directrice du centre de vaccinologie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Elle a notamment dirigé en 2014 et 2015 l’essai clinique de phase I sur le vaccin Ebola et lancé avec plusieurs experts Infovac, une plateforme d’information et de consultation sur les vaccinations. Elle a reçu le Prix mondial Nessim Habif en 2017 pour l’ensemble de ses travaux. Voici les réponses à vos questions:

  1. Question posée par Audrey
    Allez-vous vous faire vacciner?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist le 05.01.2021 à 19:56

    Oui bien sûr. J’attends impatiemment. Mais avec patience aussi parce que comme professionnelle de la santé, je ne fais pas partie des personnes les plus à risques d’un Covid-19 grave et que j’aurais l’impression de «voler» la place de quelqu’un si je passais avant.


  2. Question posée par DiogoVS
    L'objectif des 60 à 70% de vaccinés d'ici l'été est-il réalisable?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist le 06.01.2021 à 10:14

    Je ne sais pas et ne le trouve pas important. Pour moi, l’essentiel est que l’immense majorité des personnes à risque de Covid-19 grave soient vaccinées dans les prochains mois.

    Les jeunes en bonne santé peuvent librement choisir la protection vaccinale - ou bien y renoncer.


  3. Question posée par Olivier
    Quelles sont les principales mesures permettant de soutenir ou de se préparer à une attaque en attendant d’être vacciné?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist le 06.01.2021 à 11:12

    Tout ce qui renforce la santé, et donc le système immunitaire, est important: bien (pas trop) manger, bouger, respirer, prendre assez de repos, compenser des éventuels déficits en vitamines ou oligoéléments, ou toute autre chose qui fait du bien.

    Moi, c’est l’autohypnose qui me permet de tenir le coup! Malheureusement, tout cela ne fait pas fabriquer des anticorps ou des cellules capables de détruire spécifiquement le Covid-19. Donc pour les personnes vulnérables, il faut combiner le renforcement du terrain de manière générale ET l’activation précise du système immunitaire par les vaccinations.


  4. Question posée par Othello
    Je vous félicite pour vos explications sur les vaccins toujours très explicites. Pas besoin d’avoir fait médecine pour comprendre et surtout, vous nous inspirez une grande confiance. Avec la mutation du virus, ces vaccins pourront-ils vraiment nous protéger?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist le 06.01.2021 à 11:15

    Merci :-). Nous savons déjà que les anticorps induits par la vaccination protègent efficacement contre la souche anglaise. Des analyses sont en cours pour les autres mutants. Comme les autres experts en vaccinologie, je suis confiante que des mutations limitées permettront tout de même aux vaccins de nous protéger - aussi grâce à l’immunité cellulaire. Mais c’est une question surveillée de prêt! Dans le pire des cas, si les virus mutent trop et que l’efficacité des vaccins diminue trop, il faudra changer le bout de code d’ARN messager à l’intérieur des vaccins. J’espère que ce ne sera pas nécessaire, en tout cas pas trop vite!


  5. Question posée par shsh77
    Comment savoir si, après avoir été vacciné, on fait partie du faible pourcentage des personnes qui développent malgré tout le Covid-19? Un test d’anticorps peut-il répondre à cette question? Merci!
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist le 07.01.2021 à 13:57

    Non. Le taux d’anticorps nécessaire à la protection n’est pas connu, une sérologie est donc inutile. Sans oublier que les anticorps ne sont pas les seuls à participer à la protection: il y a aussi toute l’immunité cellulaire.


  6. Question posée par Orudaz
    Sur le principe, est-il possible que les vaccins développés contre le Covid-19 puissent être efficaces contre les MERS ou SRAS apparus dans le passé?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist le 13.01.2021 à 11:03

    Non. Le vaccin contre le SARS-CoV-2 est spécifique du SARS-CoV-2.


  7. Question posée par Balandar
    Pourquoi dans le canton de Genève tous les points de vaccinations sont situés sur la rive gauche?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 01:38

    La vaccination ne fait que commencer: tant qu’il y a peu de doses, il est plus efficace de les concentrer en quelques points seulement. Et en effet, les premiers centres qui se sont annoncés comme prêts à vacciner sont sur la rive gauche. Mais cela va vite s’étendre!


  8. Question posée par Vincent et de nombreux internautes
    Quels pourraient être les risques sur le long terme de ces vaccins ARN? Quel recul avons-nous?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 08:32

    Sur la base des connaissances actuelles, les vaccins à ARN ne peuvent causer des effets secondaires qu’à travers une activation du système immunitaire. Or les «dérapages» du système immunitaire sont les allergies (bénignes et fréquentes ou graves, mais rares) et les maladies auto-immunes. Celles-ci se déclarent dans les 3 mois environ après une infection (classique) ou une vaccination (rarissime). Donc je connais beaucoup d’hypothèses (c’est très facile d’imaginer le pire) mais aucune raison biologiquement fondée de craindre la survenue d’effets secondaires graves qui ne seraient pas diagnostiqués dans les 6 mois après une vaccination.

    Un recul plus long est naturellement confortable - et souhaité si le risque de Covid-19 est faible. Donc merci aux personnes jeunes et en bonne santé de patienter tranquillement: d’ici 2-3 mois il sera possible d’être encore plus rassurants qu’aujourd’hui (on est déjà très confiants).


  9. Question posée par kat
    Nous parlons sans cesse du passeport vaccinal pour voyager à l’étranger. N’est-ce pas un peu trop tôt alors que nous peinons à vacciner des personnes jugées prioritaires?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 08:36

    Je suis tout à fait d’accord avec vous, même si je connais des personnes de plus de 75 ans qui adorent voyager! Et le «passeport vaccinal» pose de nombreuses questions, éthiques notamment.

    Actuellement en Suisse, ce qui est recommandé à ceux qui pourraient souhaiter un passeport vaccinal un jour est d’ouvrir un carnet de vaccination électronique sur www.mesvaccins.ch et de demander lors de la vaccination si elle peut être enregistrée dans www.myCOVIDvac.ch (un module de mesvaccins.ch). Beaucoup de centres le proposent, gratuitement. Sinon c’est encore possible de le faire après la vaccination, mais un peu plus compliqué pour tout le monde!


  10. Question posée par Ziguele et de nombreux lecteurs
    Est-ce sans risque de se faire vacciner pendant un traitement de chimiothérapie?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 08:49

    La réponse officielle est qu’on n’a pas encore de données précises puisque les patients en chimiothérapie n’ont pas été inclus dans les études. Mais ce qu’on sait c’est 1) que la chimiothérapie (ou l’immunosuppression) fait courir le risque de Covid-19 grave et 2) que le risque principal du vaccin est qu’il ne soit pas efficace à cause des traitements. Donc, il est important de choisir avec son médecin le meilleur moment de la vaccination par rapport aux traitements, que ce soit une chimiothérapie ou un traitement immunosuppresseur.


  11. Question posée par GioMac
    Est-il nécessaire de vacciner les personnes qui ont déjà contracté le virus lors des trois précédents mois? Ne serait-il pas plus sage de protéger d'abord la population qui ne l'a pas encore eu?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 09:03

    La priorité est en effet de donner une immunité à ceux qui n’en n’ont pas encore! Et comme l’immunité après Covid-19 dure au moins 3 mois, il est recommandé d’attendre au moins 3 mois. Merci à tous ceux qui sont déjà en partie immunisés de laisser la priorité aux autres :-).


  12. Question posée par Vanata
    Pourquoi certains médecins affirment que ce vaccin sera la cause de cancers dans les années futures? De plus, que penser des propos de la généticienne Alexandra Henrion-Caude qui dit que le vaccin provoque des formes plus graves de Covid-19?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 09:12

    Le mot «génétique» fait peur. Et moi aussi, j’aurais vraiment peur si je pensais que l’ARN messager du virus pouvait venir se mélanger à mes gènes. Nous savons que ce n’est biologiquement pas possible, puisque les conditions pour que l’ARN devienne de l’ADN et entre dans le noyau et s’y intègre ne sont simplement pas réunies. 

    J’ai écouté attentivement les propos mentionnés, et n’y retrouve pas ce que j’ai moi appris et compris du fonctionnement de ces vaccins. Pour une raison simple: si l’introduction d’ARN viral dans le corps pouvait causer des cancers ou des formes plus graves de Covid-19 ou modifier notre génome, cela arriverait après chaque infection virale… qui fait fabriquer dans des millions de cellules des milliards de copies d’ARN messager. Si c’était vrai, le moindre rhume par un coronavirus banal aurait des conséquences catastrophiques. Ce qui n’est pas le cas.


  13. Question posée par Doby
    Ce vaccin touche-t-il le cerveau?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 10:15

    Non bien sûr! Les molécules d’ARN sont prises en charge par les cellules du muscle où le vaccin est injecté et par les globules blancs spécialisés chargés des défenses immunitaires, qui les amènent jusque vers les ganglions lymphatiques, où les défenses anticorps et cellulaires commencent. Aucun risque donc de voir des molécules d’ARN se balader dans le cerveau. Heureusement, sinon on n’aurait pas de vaccin!


  14. Question posée par Doby
    La composition des vaccins est-elle totalement contrôlée par un organisme indépendant?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 10:16

    Oui bien sûr! Il y a des centaines et des centaines d’experts indépendants, sans la moindre relation avec un laboratoire, qui travaillent pour les autorités responsables de confirmer la qualité, l’efficacité et la sécurité des vaccins. Aux Etats-Unis (FDA), en Europe (EMA) et dans chaque pays (Swissmedic pour la Suisse). Ces autorités vérifient non seulement les premiers vaccins mais aussi la qualité de chaque nouveau lot. C’est très rassurant.


  15. Question posée par Alcide
    Pouvez-vous rappeler sur quels groupes de personnes les vaccins ont été testés et lequel est le plus adapté pour les personnes âgées? Merci!
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 10:36

    Les vaccins à ARN messager disponibles en Suisses ont seulement été testés sur des adultes dès 16 ans (Pfizer) ou 18 ans (Moderna). Sans âge limite supérieur. Actuellement, les deux vaccins de Pfizer et de Moderna n’ont pas montré de différence entre les 2 vaccins pour les personnes «moins jeunes»: même efficacité et même effets secondaires (surtout des inflammations passagères, environ 1 fois sur 100'000 une réaction allergique grave).


  16. Question posée par Sarah
    Le Royaume-Uni a fait un pari très discuté: un délai plus long entre les deux doses, ne pas avoir de tabou sur le mélange de deux vaccins différents. Votre avis sur cette stratégie?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 11:51

    Oui c’est un pari... pris parce qu’ils n’ont pas vraiment le choix - ayant essentiellement commandé du vaccin britannique pour lequel un intervalle de 4 semaines n’est pas idéal. Ce vaccin britannique (Astrazeneca) utilise un vecteur viral (adénovirus) génétiquement modifié pour exprimer la protéine de surface du coronavirus. Mais le système immunitaire induit aussi des défenses contre l’adénovirus - qui empêchent la 2e dose d’être aussi efficace que souhaité. Il semble qu’un délai de 3 mois puisse diminuer cette défense contre l’adénovirus et donc permettre une 2e dose plus efficace. Mais ce n’est pas encore prouvé.

    Et les données que j’ai pu voir, dont toutes ne sont pas encore publiques, ne permettent pas d’assurer que l’immunité induite par une seule dose ne diminue pas assez rapidement - notamment chez les personnes âgées.

    L’utilisation de 2 vaccins différents n’est pas un tabou: lorsque l’on utilise des vaccins à vecteur, elle est souvent nécessaire pour une efficacité maximale (comme pour le vaccin Ebola). Mais sans étude, il est impossible de prédire si 2 vaccins différents font mieux ou moins bien! Donc c’est en effet un pari...


  17. Question posée par Sephora
    Est-il vrai qu'une femme enceinte ne peut aujourd'hui pas se faire vacciner?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 11:53

    Les femmes enceintes n’ont pas été incluses dans les études cliniques, donc sans données de sécurité il serait prématuré de recommander la vaccination de toutes les femmes enceintes. Même si des femmes ont été vaccinées sans savoir qu’elles étaient enceintes, elles sont peu nombreuses. 

    Mais plusieurs pays, dont les Etats-Unis et la Suisse depuis la semaine passée, recommandent que les femmes enceintes ayant d’autres facteurs de risques de Covid-19 grave (hypertension, diabète mal contrôlé, obésité, maladie ou traitement immunosuppresseur, etc.) consultent leur médecin pour décider d’une éventuelle vaccination. A mon avis, dans ces conditions, le bénéfice l’emporte sur les risques théoriques: je conseillerai de choisir le 2e trimestre...


  18. Question posée par Bernard
    Les laboratoires sont-ils responsables en cas de problèmes mineurs ou majeurs liés à une vaccination?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 11:54

    Comme pour tous les vaccins, les laboratoires sont responsables de tous les problèmes mineurs ou majeurs liés à un défaut de fabrication, un vaccin qui ne répondrait pas aux critères établis, etc. Les vaccinateurs sont responsables de respecter les indications/contre-indications, du geste de la vaccination, de la prise en charge correcte d’une éventuelle réaction allergique.

    Tous les coûts des effets indésirables induits par la vaccination seraient couverts par l’assurance maladie. En cas de dommages dont la responsabilité n’est ni celle des fabricants, ni celle des vaccinateurs, ce sont les cantons qui couvrent les indemnités. 


  19. Question posée par Jean
    Pourquoi ne peut-on pas choisir son type de vaccin?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 11:55

    Pour des raisons logistiques - c’est déjà bien compliqué comme ça! Mais franchement, moi-même qui ai lu des centaines de pages sur chacun des 2 vaccins de Pfizer et de Moderna je ne saurais pas lequel choisir! Donc dans cette situation, le choix a peu d’importance.


  20. Question posée par Hervé
    Quelle est la situation actuelle dans les hôpitaux romands par rapport à la crise sanitaire, notamment aux HUG? Quid du début de la campagne de vaccination que l'on dit très lente?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 12:00

    La situation est «tendue», c’est-à-dire que les hôpitaux sont très pleins - mais pas débordés parce que certains soins et opérations non urgents sont repoussés. Une situation délicate avec la crainte que les nouveaux variants n’amènent soudain un flot de patients à l’hôpital.

    Je comprends que tous ceux qui attendent de pouvoir être vaccinés trouvent que cela va trop lentement! Mais le tempo (en tout cas à Genève) est donné par la disponibilité des doses de vaccins, qui arrivent progressivement. Pour pouvoir aller plus vite, il aurait fallu en commander plus et plus tôt - bien sûr: mais souvenez-vous, en octobre 2020 seulement 16% des Suisses disaient souhaiter un vaccin rapidement.

    Nous sommes maintenant plus de 40% - c’est normal que tous ne puissent pas être vaccinés en même temps. Lorsque je m’impatiente, je me dis aussi que si la Suisse achetait encore plus de vaccins maintenant, elle priverait d’autres pays de ces précieuses doses. Des pays dans lesquels on meurt aussi du Covid-19...


  21. Question posée par Nathalie
    Que sait-on sur la durée de l’immunité de ces vaccins?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 12:02

    On a la preuve qu’elle dure 3 mois, puisque c’est à ce moment que la première analyse d’efficacité a été faite. Mais bien sûr, on a l’espoir qu’elle durera bien plus longtemps puisqu’elle commence à un niveau si élevé (95%).

    Dans le pire des cas, ce vaccin pourrait devenir comme la grippe - nécessitant un rappel chaque année pour les personnes vulnérables. Mais qui sait, peut-être que la protection durera plus longtemps?


  22. Question posée par Audrey
    Peut-on attraper le Covid-19 après les deux injections nécessaires pour se faire vacciner?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 12:23

    Oui, absolument! La protection commence seulement après 14 jours, est environ à 50-60% entre la première et la 2e dose, et monte à 95% une semaine après la 2e dose. Donc, il est indispensable de continuer à se protéger («il faut suivre la règle des 3 M me disait une petite fille: Mains, Masques, Mètres»)!


  23. Question posée par Marie
    L'origine de la transmission du Covid-19 à l'homme reste inconnue, mais on soupçonne fortement une transmission par un animal sauvage. Problème: les zoonoses sont de plus en plus nombreuses à émerger. J'ai l'impression qu'on s'efforce plutôt à guérir qu'à prévenir. Résultat, on risque de se retrouver tôt ou tard avec un nouveau virus similaire au Covid-19... Qu'en pensez-vous?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 12:26

    Vous avez raison, notre mode de vie (...) facilite les contacts avec les animaux autrefois sauvages, la distribution quasi immédiate aux quatre coins du globe, etc. Heureusement la plupart du temps les virus émergents sont soit bénins, soit tellement dangereux qu’ils tuent les personnes infectées avant qu’elles n’aient le temps d’en infecter d’autres, soit non transmissibles avant les symptômes (ce qui permet d’éteindre un début d’épidémie, comme avec le SARS-CoV-1).

    Malheureusement le SARS-CoV-2 est très «malin»: il ne tue pas tout le monde, il rend contagieux même avant ou sans symptômes, et il provoque des symptômes qui peuvent passer pour autre chose - donc il est difficile à diagnostiquer sans des tests spécifiques.


  24. Question posée par Vincent
    Conseillez-vous aux jeunes en bonne santé de se vacciner?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 12:33

    Je conseille aux jeunes en bonne santé d’attendre… 1) pour laisser la place à ceux qui en ont le plus besoin, 2) pour laisser la base de données de sécurité grandir encore: lorsque le risque de complications de la maladie est très faible, il faut que le risque du vaccin soit quasi nul! On le saura d’ici quelques mois...


  25. Question posée par XZ et de nombreux lecteurs
    Peut-on choisir son vaccin?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 12:37

    Actuellement, il n'y a aucune différence entre Pfizer et Moderna. Donc il faut aller là où il y a du vaccin!


  26. Question posée par Jean
    Comment un virus d'origine animale parvient à provoquer une maladie chez l'être humain?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 12:38

    En utilisant une protéine de surface (pour le SARS-CoV-2, la spicule ou Spike) pour s’accrocher à des protéines exprimées à la surface de cellules humaines - et les utiliser pour «forcer» leur entrée à l’intérieur des cellules!


  27. Question posée par Hervé
    Est-il vrai que les pays riches accaparent aujourd'hui les vaccins contre le Covid-19 au détriment des pays pauvres?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 12:39

    Oui, c’est tristement vrai. Sauf erreur, 95% des doses ont été commandées par 10% des pays - les plus riches. Malheureusement, une pandémie exacerbe tous les problèmes d’une société - au lieu de créer plus de solidarité par exemple. La Suisse participe à l’initiative COVAX qui a pour but d’aider les pays pauvres à avoir accès aux vaccins, mais cela ne suffira de loin pas...


  28. Question posée par Céderais
    Peut-on estimer que l’humanité puisse être décimée par un pathogène?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 12:41

    On peut tout imaginer… y compris ce scénario. Mais le plus souvent dans l’histoire, une partie de la population a survécu et s’est remise à vivre...


  29. Question posée par Xav
    Quelles sont les différences entre les variants du virus?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 12:42

    L’immense majorité des variants ne varie que si peu qu’ils n’ont aucune signification. Mais certains deviennent plus transmissibles parce que capables de s’accrocher bien plus facilement dans les cellules du nez ou de la bouche - par lesquelles ils pénètrent dans le corps humain. Leur durée d’incubation ne semble pas différente, en tout cas je n’ai rien vu à ce sujet.


  30. Question posée par Va
    Plusieurs personnes sont décédées après avoir reçu le vaccin anti-coronavirus Pfizer-BioNTech. En Norvège ou en France. Evidemment, ces informations circulent beaucoup sur les réseaux sociaux. Que répondre?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 12:51

    J’ai suivi cette alerte avec attention. Hier déjà, les autorités de santé norvégiennes disaient que pour tous les premiers cas analysés le vaccin avait été mis hors de cause. Malheureusement, le vaccin ne protège que contre le Covid-19, et pas tout de suite. Donc si on vaccine des personnes fragiles en toute fin de vie (ce qui a été le cas en Norvège), des décès surviennent inévitablement juste après ou juste avant un vaccin.  


  31. Question posée par Fred et de nombreux lecteurs
    Dans quel cas ne pas se faire vacciner?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 12:52

    Ne pas se faire vacciner alors qu’on est malade (fièvre, maladie aiguë…): attendre que le système immunitaire retrouve son calme et sa pleine capacité de réaction!

    Ne pas se faire vacciner sans conseils et éventuellement précautions particulières si on fait des réactions allergiques très graves ou qu’on a un traitement immunosuppresseur. 

    Ne pas se faire vacciner maintenant si on est jeune et en bonne santé… pour laisser la priorité à ceux qui en ont le plus besoin.


  32. Question posée par Ol
    Existe-t-il des recherches pour essayer de comprendre pour quelles raisons certaines personnes ne développent aucun symptôme alors qu'elles sont positives au Covid-19?
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 12:55

    Elles sont en cours dans de nombreux pays, y compris en Suisse!


  33. Conclusion
    Réponse donnée par Claire-Anne Siegrist à 12:58

    Merci à tous pour vos questions passionnantes, et désolée de n’avoir pas pu répondre à tous: pourtant je tape vite et maintenant j’ai les yeux qui se croisent!

    Prenez-bien soin de vous...